Obasanjo succède à Chissano à la présidence de l'UA

Addis Abeba- Ethiopie (PANA) -- Le président Olusegun Obasanjo du Nigeria a succédé mardi, à la tête de l'Union africaine, à son homologue mozambicain Joaquim Chissano qui a, par ailleurs, fait ses adieux à ses pairs, leur annonçant qu'il prenait part à son dernier sommet en tant que chef d'Etat.
Le passage du témoin a eu lieu lors de la cérémonie solennelle d'ouverture du troisième sommet de l'Organisation panafricaine dans la capitale éthiopienne.
L'arrivée du président Obasanjo à la présidence en exercice de l'Union africaine, suite à des concertations préalables menées au niveau du Comité des représentants permanents, a été bien accueillie auprès de la Commission dont les plus hauts fonctionnaires placent beaucoup d'espoirs sur "le nouveau leadership africain" au sein duquel les présidents nigérian, sud- africain, algérien, sénégalais, libyen jouent, parmi d'autres, une rôle primordial aux côtés du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.
Exception faite du président Abdoulaye Wade du Sénégal qui est à mi-chemin de son premier septennat et du colonel Mouammar Kadhafi non soumis au jeu démocratique à l'occidentale, presque tous ces autres leaders déjà cités, qui partagent un égal engagement pour l'Afrique, sont sûrs de ne pouvoir rempiler à leur poste, en raison des contraintes posées par la limitation des mandats dans leurs pays respectifs.
Pour le président Obasanjo qui a entamé son second mandat, c'est donc l'occasion ou jamais de piloter au plus haut niveau la nouvelle Union, d'autant qu'il reviendra l'année prochaine, au sommet de Khartoum, au président soudanais, leader du pays hôte, le soin de présider aux destinées de l'Union et ensuite, au tour d'autres pays qui, comme la Gambie, attendent d'abriter la Conférence panafricaine.
La PANA a appris ce mardi auprès de la Commission que c'est maintenant que se jouent les dix prochaines années de l'Afrique puisque dans deux, trois voire quatre ans maximum, le renouvellement partiel de la classe politique auquel l'Afrique commence à s'habituer, laissera nécessairement du temps aux nouveaux arrivés avant qu'ils ne puissent déployer la plénitude de leur influence.
C'est en cela, précisent les mêmes sources, que l'arrivée de Obasanjo au moment où le président Joaquim Chissano fait ses adieux, garde tout son intérêt.
On rappelle que sauf quand le sommet annuel se tient à son siège, faute d'être invité ailleurs sur le continent, comme c'est le cas actuellement, la présidence en exercice de l'organisation panafricaine échoit traditionnellement au chef d'Etat du pays hôte.
Le Malgache Marc Ravalomanana aurait ainsi dû en être le nouveau président en exercice, si son pays, qui avait manifesté, du temps de Didier Ratsiraka, l'intérêt d'accueillir le sommet en juillet 2004, ne s'était ravisé au dernier moment, au sommet de Maputo, au Mozambique.
En cette occasion, rappelle t-on, ce pays alors nouvellement admis dans la communauté africaine après une longue crise politique interne, avait estimé "les délais trop courts pour garantir toutes les chances de succès" à cette rencontre annuelle de la plus haute instance de décision politique africaine.

06 juillet 2004 10:25:00




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