Obasanjo met au défi les intellectuels d'Afrique et de la Diaspora

Dakar- Senegal (PANA) -- Les intellectuels d'Afrique et de la diaspora doivent superviser le processus d'intégration et de renaissance du continent, après des siècles d'ingérence étrangère, a déclaré mercredi à Dakar le président du Nigeria Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union africaine.
S'exprimant au cours du Gala des Nobel organisé en l'honneur des lauréats africains de ce prix, à la veille de la première Conférence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora, M.
Obasanjo a indiqué que l'Afrique n'a pas toujours été consultée pour les décisions concernant son propre développement.
Résultat : elle est de plus en plus marginalisée.
"Non seulement notre peuple n'est pas consulté, alors que des rapports sur nos communautés et conditions de vie sont produits dans des publications sur papier glacé, mais les conclusions et prescriptions contenues dans ces rapports ne cadrent pas souvent avec les besoins", a-t-il noté.
"Comment expliquez-vous autrement la dégringolade continue du continent, en dépit des nombreuses prescriptions magnifiques conçues pour l'Afrique par le système international ?", s'est-il demandé.
L'absence de progrès de l'Afrique, a-t-il fait observer, pourrait être un héritage de son passé colonial.
"Il fut, a-t-il dit, une période où le continent africain était considéré comme une terre vierge à occuper par n'importe quelle force et idéologie étrangères.
Du moins, c'était la situation, durant le siècle situé entre la balkanisation du continent, en 1885 et la naissance des premiers Etats indépendants post-coloniaux et jusqu'aux années 1980".
"Ce qui s'est passé pratiquement à tous les niveaux a été un recyclage et une récupération des pensées coloniales et néocoloniales.
Nous avons abandonné nos traditions.
Nous n'avons pas construit des institutions intellectuelles solides et viables", a déploré le président en exercice de l'UA.
"Dans beaucoup de pays, nous fragilisons ou démolissons les structures intellectuelles existantes", a encore dit M.
Obasanjo, ajoutant que la réunion de Dakar doit donner aux intellectuels une chance d'entamer un processus de renversement de ces tendances.
Pour sa part, le leadership africain "a tenté de bâtir ses propres références sous la forme d'initiatives locales comme le Plan d'action de Lagos, le Programme prioritaire pour le redressement économique de l'Afrique, les réponses spécifiques aux conflits, à la dette, aux droits des femmes et des enfants, à l'environnement et aux termes de l'échange", a-t-il noté.
"Bien entendu, a ajouté le président nigérian, notre programme le plus réaliste, le plus complet, le plus intégrateur, ayant une portée considérable et qui répond à nos problèmes et défis d'aujourd'hui, est le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), qui est un programme de l'Union africaine".
"Nous avons développé et adopté le NEPAD, en tant que programme de l'UA conçu pour réaliser les objectifs de rétablissement de la paix et la sécurité, l'éradication de la pauvreté généralisée et sévère et des larges inégalités en termes de revenus, juguler la propagation du VIH/SIDA, promouvoir une croissance accélérée et le développement durable et renverser la tendance à la marginalisation de l'Afrique dans le processus global", a expliqué le président nigérian.
M.
Obasanjo a mis au défi les intellectuels, à qui il a affirmé qu'une nouvelle opportunité s'ouvrait pour l'Afrique et sa diaspora, pour faire le bilan des acquis du passé récent, depuis la création de l'Organisation de l'unité africaine et de l'UA, les nouveaux défis crées par le phénomène de la mondialisation, en forgeant la destinée future de l'Afrique marquée par le développement et une croissance continue.
"A cette fin, l'UA a techniquement fait de la diaspora africaine la sixième région d'Afrique", a conclu le président en exercice de l'UA.

07 octobre 2004 16:04:00




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