ONU: la fin des Mutilations génitales féminines est essentielle pour la bonne santé des communautés

New York, Etats-Unis (PANA) – La commissaire sortante des Nations unies chargée des droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, a lancé un appel, lundi, pour des efforts concertés afin de faire face, de manière urgente, aux Mutilations génitales féminines (MGF), les qualifiant de discriminations basées sur le Genre et de violences qui doivent être éradiquées, si les femmes, les filles et leurs communautés doivent se développer.

«Ces pratiques nocifs et dégradants ne sont basées sur aucun principe valide», a déclaré Mme Pillay au cours d'un panel de haut niveau à Genève organisé par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies sur l'identification des bonnes pratiques pour combattre les Mutilations génitales féminines.

Un communiqué des Nations unies sur la rencontre, publié aux Quartiers généraux de l'organisation à New York, a indiqué que les Mutilations génitales féminines/Excision (MGF/E) se réfèrent à un nombre de pratiques qui impliquent l'excision d'une partie ou de tous les organes génitaux externes.

Il a indiqué que la pratique, qui est reconnue sur le plan mondial comme étant une violation des droits humains des filles et des femmes, n'a aucun avantage sur le plan de le santé, causant plutôt des douleurs insupportables avec des conséquences immédiates et à long terme.

Le communiqué souligne que la patronne des droits de l'Homme de l'ONU a noté que les «MGF génèrent des dégâts physiques à long terme profonds, préjudiciables et irréversibles et augmentent les risques de mortalité néonatale pour les nouveau-nés de femmes qui ont survécu à ces pratiques».

Elle a déclaré: «Quand les MGF seront éradiquées, les communautés seront en plus bonne santé et libérées des douleurs terribles et des traumatismes qu'elles créent; les filles et les femmes seront plus capables de développer leur talent et utiliser leurs compétences. Le développement économique, social et politique pourra aller de l'avant".

Mme Pillay a également noté que les MGF ne sont pas seulement une forme de discrimination basée sur le Genre et les violences, elles représentent une manière d'exercer un contrôle sur les femmes et ainsi perpétuer des rôles de genre nocifs.

«Parmi d'autres raisons, la pratique peut être considérée nécessaire de manière traditionnelle pour élever une fille adéquatement et la préparer pour la vie adulte et le mariage», a ajouté Pillay.

«Les justifications en faveur des MGF sont également liées à ce qui est considéré être les caractéristiques d'une «bonne épouse», a-t-elle noté.

Mme Pillay a indiqué: « les croyances sont que la pratique préserve la virginité de la femme et aide à contenir le désir sexuel, par conséquent empêchant des conduites sexuelles qui sont considérées inappropriées ou immorales».

La patronne des droits de l'Homme de l'ONU a également déclaré: «Les facteurs économiques peuvent aussi jouer un rôle significatif dans la persistance des Mutilations génitales féminines. Dans beaucoup de cas, les familles des filles qui ont été mutilées recevront de meilleures dots, car les jeunes filles concernées sont considérées plus soumises et moins enclines à chercher leur propre plaisir sexuel".

«Mais les MGF peuvent être éradiquées et il y a des signes encourageants au niveau national, régional et international», a-t-elle indiqué.

Elle a également souligné qu'au niveau national, beaucoup d'Etats ont adopté des législations et des politiques pour mettre fin aux MGF. Et dans les pays où cela a été accompagné par une sensibilisation éducative culturelle et par une prise de conscience publique, la pratique a décliné.

Le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) a estimé que sur le plan mondial, le taux de prévalence des MGF a décliné de 5% entre 2005 et 2010.

Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), dans les 29 pays avec le plus fort taux de prévalence, plus de 125 millions de filles et femmes ont été assujetties aux MGF.

L'UNICEF a déclaré que les courants actuels persistent, du fait que 30 millions de filles risquent de subir cette pratique sur les dix prochaines années.
-0- PANA AA/VAO/MTA/IS/IBA 16juin2014

16 juin 2014 18:21:10




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