New York, Etats-Unis (PANA) - Les Nations unies ont annoncé de nouvelles directives pour aider les médiateurs à faire face au problème de la violence sexuelle dans les conflits, en plaçant cette question au coeur de la négociation des accords de paix et de cessez-le-feu.
"L'utilisation de la violence sexuelle pour dégrader et intimider les hommes, les femmes ou les enfants en temps de guerre est une pratique intolérable", a déclaré le Secrétaire général-adjoint de l'ONU chargé des Affaires Politiques, Lynn Pascoe, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York, aux Etats-Unis.
"Nos médiateurs doivent être sensibilisés à ce problème et avoir la capacité de présenter des accords qui puissent aider à mettre fin et à prévenir la récurrence de ce phénomène", a-t-il indiqué, ajoutant que ces directives ont été élaborées par le Département des Affaires politiques de l'ONU (DPA).
Ces directives, appelées officiellement "Conseils aux médiateurs pour faire face à la violence sexuelle dans les conflits dans le cadre des accords de paix et de cessez-le-feu", complètent les efforts d'autres entités de l'ONU pour lutter contre ce problème.
Depuis 2008, le Conseil de sécurité de l'ONU considère la violence sexuelle comme une menace pour la sécurité et un obstacle à la paix.
Un des principaux aspects de ces directives est l'inclusion de la violence sexuelle dans la définition et la supervision des cessez-le-feu.
Un de leurs principes est d'obliger les médiateurs à engager les parties à discuter sur la question et à faire en sorte qu'ils prennent fermement l'engagement de cesser tout acte de violence sexuelle lié à des conflits.
M. Pascoe a ajouté que "les négociations et les accords de paix ou de cessez-le-feu qu'elles produisent sont des occasions cruciales d'engager des actions pour lutter contre ce terrible fléau".
Il a précisé que, "ces directives seront communiquées à tous les médiateurs et chefs de mission de l'ONU et intégrées dans les documents de formation et d'information destinés aux émissaires et à leurs équipes.
"Elles seront également disponibles en tant que ressources publiques pour tous ceux qui travaillent à la médiation des conflits dans le monde, y compris les gouvernements régionaux et les organisations non-gouvernementales.
"Ces directives favorisent également l'inclusion de la violence sexuelle dans la définition des actes couverts par un cessez-le-feu et qui font l'objet d'une surveillance, et suggère les moyens d'inclure ce problème dans les dispositions d'un accord de pays relatif à la justice et à la sécurité", a-t-il souligné.
"Ces directives sont extrêmement importantes", a déclaré la Réprésentante spéciale du Secrétaire général sur la violence sexuelle dans les conflits, Mme Margot Wallstrom, au cours de cette même conférence de presse.
Selon elle, "elles repensent entièrement notre manière de concevoir et d'appliquer les accords de paix et de cessez-le-feu et donnent les moyens d'élaborer des accords qui vont au delà du simple fait de faire taire les armes en s'attelant à mettre fin aux tactiques de terreur comme le viol".
"Ces directives représentent les dernières d'une série d'initiatives des Nations unies pour renforcer les efforts de médiation des conflits à travers le monde.
"Elles incluent la mise en place d'une Unité de soutien à la médiation du DPA, qui fournit un soutien consultatif, financier et logistique aux processus de paix et oeuvre à renforcer la capacité de médiation des organisations régionales et sous-régionales", a-t-elle ajouté.
-0- PANA AA/VAO/FJG/JSG/SOC 10mar2012