Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Les médecins ivoiriens sont en alerte depuis quelques mois pour mener une lutte sans merci à une nouvelle recrudescence de la rage en Côte d'Ivoire.
Vaccinations foraines, abattage d'animaux errants, constituent l'essentiel du dispositif de lutte contre l'Epizootie de rage, une maladie éradiquée depuis des années, mais qui refait surface depuis quelques temps selon les spécialistes.
De récentes études révèlent qu'une personne sur 10 meurt de rage toutes les 10 minutes dans les pays en développement.
En Côte d'Ivoire, depuis la recrudescence de la maladie en décembre 2000, des milliers de personnes sont exposées dans les rues, dans les maisons, les sites publics à cette affection transmis par morsure de chiens enragés.
Les mois passent, la liste des chiens enragés s'accroît de façon alarmante, évoquent les spécialistes de l'Institut Pasteur en Côte d'Ivoire, qui affirment que tous les individus sans distinction de rang social sont exposés à la maladie.
Que se soit dans les villas huppées ou dans les hameaux et campements.
La guérison étant impossible à l'état actuel des recherches, les médecins ivoiriens face à cette épidémie croissante, concentrent leurs efforts sur la prévention et la vaccination, seules issues possibles.
Avant la prévention sur une campagne de sensibilisation accrue, il a été rappelé à toute la population que toute exposition, tout contact avec un animal suspect, nécessite désormais une consultation dans un centre antirabique quel que soit le statut de l'animal.
Il a été décidé à titre d'ordre individuel, la vaccination systématique de tous les animaux à l'occasion de seances foraines organisées par le ministère, suivi de fréquentes consultations chez les vétérinaires.
Tous les chiens vaccinés seront identifiables par un collier spécifique pour les distinguer des chiens errants sans propriétaire.
Après cette étape, afin d'assurer une protection à la population, le service d'hygiène passera à l'abattage de l'ensemble des animaux errants sur toute l'étendue du territoire ivoirien.
On rappelle que cette épidémie de rage chez les animaux domestiques, a fait son apparition dans les quartiers résidentiels de Cocody et s'est malheureusement étendue dans les villes de l'intérieur du pays.
De décembre 2000 à mai 2001, environ 60 cas de chiens enragés, ont été diagnostiqués par les vétérinaires et autres spécialistes de la maladie.
S'inquiétant de la corrélation entre les épizooties de rage chez les animaux et le nombre de cas révélés chez l'homme, le Docteur Issaka Tiembré, chef du centre antirabique de l'Institut national d'hygiène publique affirme que la rage est une maladie d'actualité en Côte d'Ivoire.
Contrairement aux idées populaires préconçues, la rage n'est pas seulement une affaire de chiens, elle touche selon les explications du Docteur Issaka, tous les mammifères à sang chaud que sont entre autres, les singes, les chats, les chacals, les bovins, les caprins, etc.
Plus de 10.
000 personnes en Côte d'Ivoire seraient exposées à la rage tous les ans à la suite de contacts suspects tels que morsures, griffures, révèlent les statistiques.
L'ensemble des spécialistes de la rage en Côte d'Ivoire, confirment malheureusement que ce chiffre est en deçà de la réalité, parce que rares sont les individus qui se rendent dans un centre de santé pour des griffures ou morsures suspectes.
A l'instar des cas domestiques, vétérinaires et personnel des abattoirs, agents de gardiennage, constituent une autre catégorie de sujets à risques.
De 1995 à 2000, près de 100 cas de rage humaine avaient été recensés par le centre antirabique de l'Institut national d'hygiène publique, posant un véritable problème de santé publique tant par sa capacité de contamination que par sa gravité.
Une fois déclarée cette maladie aboutit irrémédiablement à la mort au bout de six jours confirme le Dr.
Issaka Tiembre, aucun traitement n'étant possible.
Elle se manifeste par des fourmillements, des démangeaisons, des picotements et un changement de caractère, après une période d'incubation de 3 semaines à 3 mois et une période d'invasion de 2 à 10 jours, pendant lesquels le virus chemine le long des nerfs jusqu'au cerveau.
A ce stade, explique les spécialistes, le sujet est atteint d'une peur bleue de l'eau.
Dans les deux formes de rage existantes, la forme furieuse et la forme paralytique, c'est une souffrance physique et psychologique atroce pour le patient mis en quarantaine, pendant les 6 jours de cet enfer agonisant.
Rappelons que la Côte d'Ivoire, en deux ans d'intervalles se trouve confrontée à sa deuxième épizootie.
La première intervenue en 1998 dans le nord du pays et la seconde au sud dans la région d'Abidjan.