New York- Etats-Unis (PANA) -- Dans le contexte de la poursuite des combats en Somalie, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, mercredi, une résolution établissant une commission d'experts pour enquêter sur les violations de l'embargo militaire imposé par les Nations unies à la Somalie et à ses chefs de guerre.
Dans la Résolution 1474 de 2003, le Conseil félicite le gouvernement kenyan pour avoir abrité plusieurs conférences de l'Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD) qui sert de médiateur dans la réconciliation des factions somaliennes.
Elle a été adoptée après la réception par le Conseil d'un rapport qui accuse l'Ethiopie voisine de fournir des armes et des financements à divers chefs de guerre somaliens, et d'entraîner plusieurs milices pour déstabiliser la Somalie.
D'après cette Résolution, la commission va "exposer en détail les informations, et faire des recommandations spécifiques concernant les violations et les mesures à prendre pour rendre effectif et renforcer l'embargo militaire dans ses divers aspects".
Il relève des compétences de cette commission de collecter des informations en Somalie et dans les pays voisins, et de déterminer comment se fait la circulation illégale d'armes dans le pays par voie aérienne, maritime et terrestre.
"Elle va s'atteler à identifier ceux qui continuent à violer l'embargo militaire en Somalie et à l'extérieur de ce pays, ainsi que ceux qui les soutiennent activement, et fournir au Conseil une liste provisoire des mesures à prendre éventuellement", ajoute la Résolution.
Le Conseil a demandé au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, de s'assurer de la mise sur pied de cette commission dans un délai de trois semaines, et que ses membres soient dotés d'une expertise suffisante en matière d'armement, d'aviation civile, de transport maritime et d'affaires régionales.
Il a requis que toutes les parties somaliennes, ainsi que les responsables des gouvernements et les autres parties concernées de la région coopèrent avec la commission, pour l'exécution de son mandat.
La Résolution stipule aussi que la commission d'experts "signale immédiatement au Conseil de sécurité tout manque de coopération".
Elle appelle les organisations régionales telles que l'Union africaine (UA) et la Ligue arabe, ainsi que d'autres Etats, qui ont les moyens, à aider la Somalie dans l'application de l'embargo militaire.
Réagissant audit rapport, le représentant permanent de la Somalie à l'ONU, Ahmed Abdi-Hashi, a appelé le Conseil de sécurité à imposer des sanctions sévères au gouvernement éthiopien pour son financement des troubles civils dans son pays.
"Le Conseil de sécurité doit aussi identifier tous les individus liés au trafic d'armes entre l'Ethiopie et les chefs de guerre somaliens, et leur imposer des sanctions ciblées", a-t-il déclaré à la presse.
Le rapport affirme que l'Ethiopie est impliquée dans la formation de groupes de chefs de guerre en Somalie, et que 3.
000 miliciens somaliens sont entraînés dans la ville frontalière de Manas.
En plus de violer l'embargo militaire imposé aux factions somaliennes par son implication manifeste dans cette crise, le rapport souligne qu'"Addis-Abeba n'est pas seulement une source d'approvisionnement en armes pour les chefs de guerre, mais que l'Ethiopie a aussi envahi la Somalie en 1992".
Selon M.
Abdi-Hashi, les chefs de factions en Somalie ont révélé aux experts de l'ONU que l'Ethiopie leur a fourni six cargaisons de munitions.
"Ils se sont même vantés d'avoir reçu quatre autres cargaisons", a déclaré le diplomate somalien, en insistant sur le fait "que la prise effective de sanctions contre l'Ethiopie va mettre fin à la guerre en Somalie".
M.
Abdi-Hashi a invité l'ONU à tenir sa promesse d'aider la Somalie à procéder à la démobilisation de ses milices et à la formation du personnel de police.
Il a aussi reconnu les efforts du Kenya en faveur d'une paix durable en Somalie.