Noël s'annonce triste pour les Zimbabwéens affamés, selon le PAM

Johannesburg- Afrique du Sud (PANA) -- Plus de 2,6 millions de Zimbabwéens risquent de vivre des fêtes de Noël très sombres, les rations alimentaires ayant été réduites de moitié du fait de l'insuffisance de l'aide reçue, a-t-on appris lundi auprès du Programme alimentaire mondial (PAM).
"Il est malheureux que ces réductions des rations interviennent à un moment où les populations sont normalement en pleine période des fêtes, mais si les donateurs ne nous fournissent pas des aliments ou de l'argent, alors nous serons tout simplement incapables de satisfaire les besoins alimentaires", a déclaré Mike Sackett, directeur régional du PAM pour l'Afrique australe.
M.
Sackett a indiqué que si la fourniture de denrées alimentaires est nécessaire pour les mois à venir, la véritable crise se déroule maintenant et le PAM a besoin, d'urgence, de nouvelles contributions financières pour éviter toute nouvelle baisse des rations, ce qui aurait des conséquences désastreuses.
Au mois de juillet de cette année, le PAM a lancé un appel pour la mise à disposition de 311 millions de dollars afin de nourrir 6,5 millions d'habitants jusqu'en juin 2004.
Cependant, à l'heure actuelle, les donateurs n'ont fourni que la moitié des quantités sollicitées dans l'appel, si bien que l'on enregistre un déficit de 161.
3 millions de dollars.
Les deux tiers du montant global sont prévus pour le Zimbabwe, un pays où plus de 4 millions de personnes auront besoin de l'assistance du PAM d'ici le mois de janvier.
M.
Sackett a indiqué que pour le premier trimestre de l'année 2004, les perspectives semblent encore plus sombres, tout en notant que les individus privés de la quantité de nourriture suffisante n'auront même pas l'énergie dont ils ont besoin pour se livrer à leurs activités à l'occasion de la première campagne agricole de l'année, une période cruciale pour stabiliser les besoins en nourriture des familles.
"Rares sont les personnes qui disposent encore de revenus ou d'une épargne pour se procurer des aliments de base dont les prix ont connu une hausse vertigineuse d'environ 50 pour cent au cours des dernières semaines, ce qui les met hors de portée de la bourse d'une famille moyenne.
"Sur certains produits, l'inflation galope à plus de 500 pour cent.
Dans la majeure partie des zones rurales, il n'y a tout simplement pas assez de nourriture pour tout le monde.
En outre, la sécurité alimentaire connaît une rapide détérioration", a ajouté M.
Sackett.
Plus de la moitié des populations urbaines du Zimbabwe vivraient en dessous du seuil de pauvreté.
Cette situation caractérisée par les déficits alimentaires est exacerbée par la propagation du VIH/SIDA au Zimbabwe.
En effet, selon le PAM, avec un taux de prévalence de 33 pour cent dans la population adulte, quelque 23 pour cent des agriculteurs seraient soit décédés soit trop malades pour travailler.
Il en est résulté un rétrécissement de 39 pour cent des zones de culture, tandis que les récoltes enregistraient une baisse de 59 pour cent et que la quantité de produits arrivant sur le marché a chuté de 66 pour cent.

22 décembre 2003 17:16:00




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