Niger : Rentrée scolaire 2017 sur fond de revendications salariales des enseignants

Niamey, Niger (PANA) -  Le ministre nigérien des Enseignements Professionnels et Techniques, Tidjani Idrissa Abdoulkadri, a lancé lundi «un vibrant appel à l'ensemble des partenaires de l'école, particulièrement aux partenaires syndicaux, afin de créer tous ensemble les conditions d'une bonne rentrée scolaire et au-delà, d'une bonne année scolaire 2017-2018".

Quelque 3.500 000 élèves de l'élémentaire et des collèges d’enseignement général ont effectué la rentrée scolaire 2017-2018 sur l’ensemble du territoire national lundi, sur fond de multiples revendications salariales pour les enseignants contractuels.

Dans un message à l’occasion de cette rentrée scolaire, le ministre Abdoulkadri a rappelé que «le gouvernement a consacré d'énormes efforts pour assurer une bonne rentrée scolaire qui vont se poursuivre pour un bon déroulement de l'année scolaire 2017-2018. A cet effet, une feuille de route sectorielle "qualité" a été élaborée et sera mise en œuvre dans tous les segments du système éducatif et de formation, selon le ministre ; il explique, en outre, que les multiples et profondes mutations du système éducatif ont pour conséquence l'avènement d'une école adaptée à son milieu et apte à répondre efficacement aux besoins de la société".

M. Tidjani a également réitéré la disponibilité du gouvernement au dialogue et lancé un appel à l'ensemble de la communauté éducative pour «un engagement franc et sincère», afin de bâtir l'école de demain.

Cette année, l’Etat a déboursé environ 3,5 milliards de F CFA pour l’achat de fournitures scolaires, en raison de l’augmentation des effectifs dans les écoles du Niger, qui accueillent pratiquement chaque année, quelque 500 000 nouveaux élèves en classe de CI. Estimées en tonnage, ces founitures représentent environ 2 630 tonnes; elles sont composées de cahiers, livres, stylos, règles, etc. qui prendront la direction des différentes écoles du Niger.

La rentrée scolaire 2017 s’est faite également sur fond de nombreuses contestations des syndicats du secteur de l’éducation.

Dans un communiqué diffusé à la veille de cette rentrée scolaire, la coordination des syndicats du secteur de l’éducation s’est insurgée, entre autres, contre «les violations flagrantes par le gouvernement des conventions nationales et internationales ratifiées par le Niger, l’évaluation illégale des enseignants «craie en main» et les résiliations massives et illégales de contrats qu’elle a engendrées ; la persistance du retard dans le payement des pécules des enseignants contractuels et le refus du gouvernement au dialogue… ».

La coordination nationale a, par ailleurs, exigé du gouvernement l’annulation sans condition de l’évaluation des enseignants contractuels et toutes les résiliations illégales consécutives ; la réhabilitation immédiate et sans condition aucune de tous les enseignants résiliés suite à cette mascarade organisée ; le payement sans délai des pécules du mois d’août et celui du mois de septembre avant la rentrée du 02 octobre 2017.

Le Niger, un pays du Sahel enclavé et semi désertique, a les taux d'inscription scolaire les plus bas en Afrique sub-saharienne, surtout chez les filles : environ 60% pour les garçons et moins de 40% pour les filles.

Selon un rapport, dans de nombreuses écoles nigériennes, il se pose le problème de la qualité de l’éducation : une grande partie des élèves ne sont même pas alphabétisés au bout de six ans d’école primaire. Au regard de ces mauvais résultats, beaucoup de parents ne voient pas l’utilité d’envoyer leurs enfants à l’école.
-0- PANA SA/IS/SOC 02oct2017


02 octobre 2017 17:36:26




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