Niger : Les besoins humanitaires en 2018 seront importants en raison de la persistance de la crise sécuritaire

Niamey, Niger (PANA) - La crise humanitaire au Niger s’aggrave en raison, notamment de la persistance de la crise sécuritaire, de l’émergence de crises multiples à Diffa (extrême-Est du pays frontalier avec le Nigeria), Tillabéry et Tahoua (frontière avec le Mali), rapporte samedi, le bulletin d’information de l’organisme de coordination humanitaire des Nations Unies (OCHA).

Selon OCHA, l’insécurité grandissante aux frontières du Mali et une situation de déplacements prolongés dans la région de Diffa en raison des attaques de Boko Haram se produisent dans un contexte caractérisé par une pauvreté soutenue, l’insuffisance des services sociaux de base et une courbe démographique en constante progression.

Le nombre de personnes dans le besoin passe à 2,3 millions, soit une augmentation de 400 000 personnes par rapport à 2016. L’analyse des besoins montre la persistance de cinq crises majeures : insécurité alimentaire, malnutrition, épidémies, inondations et mouvements de populations.

Les indicateurs de nutrition se sont fortement détériorés avec plus d’1,7 million de personnes dans le besoin, soit 250 000 personnes de plus qu’en 2016.

Sur le plan de la situation alimentaire, OCHA rapporte que, selon les résultats provisoires, de la campagne agricole 2017-2018, la production nationale est estimée de moyenne à bonne dans toutes les régions. Quelque 20% des villages agricoles sont cependant à risque de mauvaise production. Selon les résultats de la campagne pastorale, il existe également des poches de sécheresse dans l’ensemble du pays et particulièrement au Nord et au Centre. Quelque 1,4 million de personnes auront besoin d’une assistance alimentaire en 2018.

La situation nutritionnelle reste préoccupante dans l’ensemble du pays. Au total, plus d’1,7 million de personnes auront besoin d’une assistance nutritionnelle en 2018, dont 380 166 enfants de 0 à 59 mois souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS), 922 656 enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM), 303 757 femmes enceintes et allaitantes et 66 818 enfants de 6 à 23 mois à risque de malnutrition. En plus, de ces personnes, 77 424 accompagnants d’enfants MAS avec complications recevront une assistance nutritionnelle.

La poursuite des conflits, l’instabilité dans les pays voisins et les attaques des groupes armés continuent d’induire des mouvements importants de populations. On dénombre 129 015 déplacés internes, 108 470 réfugiés et 14 820 retournés à Diffa.

A ces mouvements s’ajoutent d’importants flux migratoires dans la région d’Agadez. Près de 392 305 réfugiés, retournés et migrants ont besoin d’une assistance multi-sectorielle. Les femmes et les filles constituent 51% des populations déplacées de Diffa et 21% des migrants.

Sur le plan sanitaire, en 2018, le contexte pourrait s’avérer plus favorable à la propagation des épidémies en raison de facteurs aggravants, tels que la promiscuité observée au sein des sites de déplacement et abris d’accueil, la hausse du nombre de personnes non vaccinées contre, notamment, la méningite et la rougeole, l’accès limité aux services sociaux de base, la faiblesse des systèmes d’hygiène sur les sites d’accueil des déplacés et dans les centres urbains.
-0- PANA SA/IS/SOC 02dec2017

02 décembre 2017 13:55:57




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