Museveni indéxe les obstacles au développement africain

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré à la conférence internationale des intellectuels de la Diaspora qui se tient actuellement à Dakar, que les facteurs internes et externes qui continuent de saper le développement en Afrique, sont pour la plupart hérités de la colonisation.
"L'Europe n'a pas seulement usurpé notre souveraineté mais, elle a aussi déformé la société africaine", a accusé le leader ougandais, lors d'une table ronde organisée peu après l'ouverture de la conférence, par le chef d'Etat Abdoulaye Wade, hôte de cette rencontre.
"Les colonisateurs ont éliminé la classe féodale et artisanale en Afrique, épargnant seulement la classe paysanne pour les servir", a déclaré M.
Museveni, notant par ailleurs que la colonisation a étouffé le développement de la classe moyenne en Afrique, sur qui repose la croissance et le développement de toute société.
"L'Europe a vaincu le sectarisme parce qu'il développe une classe moyenne forte.
La classe moyenne est entreprenante et cosmopolite tandis que la classe paysanne est sectaire", a t-il souligné.
"Par exemple, la rivalité entre Hutus et Tutsi au Rwanda, est consécutive à la division née de la colonisation et de la structuration sociale initiale", a laissé entendre le leader ougandais, invitant les intellectuels africains à trouver une solution, notamment pour aider la classe moyenne à se développer.
"Il ne peut pas y avoir d'intégration en Afrique sans une classe moyenne.
Cette classe a un esprit entreprenarial et accommodant, sensible au panafricanisme", a t-il souligné.
Museveni a aussi déclaré que les 52 Etats africains sont trop fragmentés pour être en mesure de défendre leurs intérêts dans un ordre international compétitif.
"Notre façon de vivre donne l'impression que nous n'avons pas tiré les leçons de la colonisation.
L'Occident pense actuellement qu'il peut revenir et reconquérir l'Afrique", a t-il martelé, notant par ailleurs, que les Etats africains doivent consolider leur indépendance.
Entre autres obstacles "stratégiques" au développement du continent, M.
Museveni a cité le déficit d'infrastructures, un secteur privé étouffant, la persistance de l'exportation de produits primaires au détriment de la valeur ajoutée.
"Il y a six ans, le marché du café avait donné en moyenne 55 milliards de dollars américains, sur lesquels les exportateurs de grains de café n'ont obtenu en tout que 8 millions de dollars.
Aujourd'hui, le secteur génère 71 milliards de dollars américains et les exportateurs se retrouvent à peine avec 5 milliards de dollars", a t-il déploré tout en lançant un appel aux industries de transformation en Afrique.

07 octobre 2004 18:27:00




xhtml CSS