Multiplication des comités de vigilance au Cameroun

Yaoundé- Cameroun (PANA) -- Les populations des grandes villes du Cameroun, celles de Yaoundé et de Douala notamment, ont entrepris depuis quelque temps de mettre sur pied des comités de vigilance pour faire à la recrudescence de l'insécurité, et pallier les insuffisances de la police, a constaté la PANA.
Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que la presse ne relate des histoires d'agression ou de braquage à main armée de maisons de particuliers ou de commerces dans les grands centres urbains, surtout à Douala, la capitale économique.
Ailleurs, dans le grand nord, ce sont les coupeurs de route qui sévissent.
Les autorités ont bien tenté de réagir en installant des unités de police jusque dans des villages reculés pour rapprocher les forces de l'ordre des populations, mais rien n'y fait.
Selon les statistiques de la police, de la gendarmerie et de la sécurité militaire, Douala enregistre environ 163 cas d'agressions à main armée par an, malgré ses quatre commissariats centraux.
Les populations ont donc décidé de prendre en charge leur sécurité par la création de comités de vigilance qui veillent toutes les nuits dans la plupart des quartiers de Yaoundé.
Au quartier Essos de Yaoundé, le comité de vigilance, initié par un homme d'affaires résident, érige tous les soirs, dès 20 heures, des barrières que ne peuvent franchir que les habitants du quartier identifiés comme tels.
"Chaque chef de famille nous donne la liste de ses membres et verse 500 FCFA tous les mois pour le salaire des gardiens qui varient entre 40.
000 et 50.
000 FCFA", explique Pierre Fouala, chef de bloc au quartier Bonamoussadi de Douala.
Habitant le quartier Kondengui de Yaoundé, Félix Mbella, indique pour sa part que "tous les soirs, nous les jeunes de mon quartier, parfois aidés des éléments de la gendarmerie, armés de portables, de gourdins, de sifflets, de couteaux et de chiens, nous nous organisons pour fermer toutes les entrées.
Tous les suspects sont immédiatement conduits à la brigade".
"Il vaut mieux payer 1000 ou 500 FCFA par mois pour dormir en paix que de faire appel aux forces de l'ordre.
Très souvent, les bandits que nous traquons avec l'aide la police nous retrouvent au quartier et nous menacent", dit un habitant de Nsymeyong, un quartier de Yaoundé.
La police, qui apprécie grandement l'initiative des populations, tient souvent des séances de travail avec les comités de vigilance pour leur donner des conseils.

28 Outubro 2002 15:41:00




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