Mugabe invité à passer un accord politique avec l'opposition

Charm el-Cheikh- Egypte (PANA) -- Les dirigeants africains ont pressé ce lundi le président zimbabwéen Robert Mugabe de négocier un accord politique avec le parti d'opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), alors que s'est ouvert le sommet de l'Union africaine (UA).
Mais l'opposition zimbabwéenne a déclaré qu'elle n'accepterait de négocier que si une autorité de transition était formée pour le Zimbabwe avec à sa tête son leader, Morgan Tsvangirai.
La vice-présidente du MDC, Thokozani Khupe, a déclaré à la PANA que les dirigeants de l'UA devaient de toute urgence annuler le scrutin de vendredi dernier dans son pays, en déclarant qu'il s'était plus agi d'une guerre que d'une élection et que son parti n'avait pu y participer.
Elle a également invité les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Charm el-Cheikh à s'assurer que la formation d'un gouvernement de transition ne soit qu'une solution temporaire.
"Nous déclarons que ce ne doit pas être une fin en soi.
Ils doivent également considérer qui a le mandat du peuple", a-t-elle déclaré.
M.
Mugabe a été investi pour un nouveau mandat de cinq ans, dimanche, deux jours après le deuxième tour de la présidentielle, boycotté par le MDC.
Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé aux dirigeants africains d'envisager les aspects d'un "règlement politique négocié" de la crise dans ce pays, en avertissant toutefois qu'il ne devrait pas devenir une solution permanente.
Dans un discours prononcé lors de la séance d'ouverture du Sommet de l'UA à Charm el-Cheikh ce lundi, la Secrétaire générale-adjointe de l'ONU, Asha Rose Migiro, a déclaré que la crise au Zimbabwe était le plus grand test pour les efforts des dirigeants africains en faveur de la démocratie.
"C'est le plus gros défi pour le peuple du Zimbabwe, qui est confronté à une crise extrêmement grave.
C'est le plus grand défi pour la stabilité régionale de l'Afrique australe", a soutenu Mme Migiro, une ex-ministre tanzanienne des Affaires étrangères.
Le chef de l'Etat tanzanien, Jakaya Kikwete, actuel président en exercice de l'UA, a déclaré que la crise zimbabwéenne était un sujet de préoccupation pour le continent, particulièrement après les problèmes rencontrés pour l'organisation du deuxième tour du 27 juin.
Il a fait l'éloge du peuple du Zimbabwe, mais n'a pas félicité officiellement le président Mugabe, présent à l'ouverture du Sommet ce lundi.
Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a déclaré que le sommet proposera des "résolutions concrètes" aux problèmes du Zimbabwe et du continent africain en général.

30 juin 2008 17:01:00




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