Mise en place d'une nouvelle stratégie de lutte contre Ebola en Guinée-Conakry

Conakry, Guinée (PANA) - Environ 130 familles des communes de Matam et de Ratoma, peuplées de plus de 500.000 personnes, ont été mises ce lundi sous micro cerclage dans la capitale guinéenne en vue de surveiller les personnes qui ont été en contact avec des malades de la fièvre Ebola, a-t-on appris de source officielle.

Le coordinateur de la lutte contre Ebola, Dr Sakoba Kéïta, a affirmé que cette stratégie devrait permettre de retrouver rapidement les personnes entrées en contact avec ceux qui ont été testés positifs au virus de la fièvre Ebola qui a refait surface dans les communes de Ratoma et de Matam, dans le sud de la capitale.

Les membres des familles sous micro-cerclage seront interdits de sortir de leur domicile pendant 21 jours, la période d’incubation, et seront pris en  charge en alimentation par l’Etat et surveillés quotidiennement par des agents chargés de veiller sur leur état de santé.

Dr Kéïta a confirmé que 19 personnes sur 32 cas reconnues souffrant de la maladie dans les deux quartiers de la capitale, sont actuellement sous soins.

Un nouveau site d’accueil des malades à été ouvert à Nongo, en haute banlieue nord de Conakry, pour décongestionner le tout premier lieu d’hébergement des malades qui avait été ouvert à l’hôpital national Donka.

«En plus du cerclage et du micro cerclage des familles, nous avons décidé de faire du porte-à-porte pour la sensibilisation; cette stratégie pourrait aussi aider à contenir l’épidémie », a-t-il déclaré.

Dans son sermon de la fête du Ramadan célébrée vendredi, le grand imam de la mosquée Fayçal de Conakry, El hadj Mamadou Saliou Camara, s’est de nouveau appesanti sur l’existence de la maladie qui a fait déjà en un an, selon les statistiques officielles, plus de 2.400 victimes sur un échantillon de plus de 3.000 malades enregistrés par les services sanitaires sur toute l’étendue du territoire guinéen.

L’imam a rappelé aux populations « le respect scrupuleux » des consignes d’hygiène, notamment le lavage des mains à l’eau chlorée et au savon, ainsi que les enterrements sécurisés des personnes décédées à la suite d’Ebola.

L’épidémie de la fièvre Ebola, qui est partie de la région méridionale en 2014, a disparu des localités de cette zone du pays pour atteindre plusieurs endroits qui n’avaient pas enregistré de cas. La ville de Conakry et des villages de la Basse-Guinée constituent actuellement des foyers de la fièvre Ebola.

On rappelle que le coût du Plan d'actions prioritaires post-Ebola (Papp) en Guinée est estimé par les autorités à 2,577 milliards de dollars américains sur la période 2015-2017.

-0-PANA AC/BEH/SOC       20 juil 2015

20 juillet 2015 18:21:50




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