Mise en place d'un comité de suivi de la Résolution 1946 sur la Côte d'Ivoire

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Le chef de la Division des droits de l’homme de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Simon Munzu, a annoncé jeudi la mise sur pied d'un comité de suivi pour faire le point de l’application de la Résolution 1946 du Conseil de sécurité des Nations unies visant les personnes qui menacent le processus de paix et de réconciliation en Côte d'Ivoire.

S’exprimant lors de la conférence de presse hebdomadaire de l’ONUCI, M. Munzu a rappelé que la Résolution 1946 vise les personnes qui menacent le processus de paix et de réconciliation en Cote d’Ivoire, celles qui mènent des attaques contre l’ONUCI et la Force Licorne, et font obstacle à leur libre circulation, ainsi que les personnes qui commettent des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Le Comité de suivi s’intéresse aussi aux incitations publiques à la haine et à la violence et la limitation d’accès à une information pluraliste et diversifiée dans les medias. Il « est en train de surveiller ces différents cas et le moment venu, le fruit de ce travail sera présenté au Conseil de sécurité et à son comité de sanctions », a expliqué M. Munzu, notant que "la justice internationale donne souvent l’impression d’avancer à pas de tortue mais pèse le poids d’un éléphant et le travail qui est fait en ce moment dans ce sens peut porter ses fruits dans cinq ans ou plus". A cet égard, il a cité les exemples de personnalités de la Sierra Leone, du Liberia et de la République démocratique du Congo (RDC), qui sont devant la justice internationale pour des actes supposés avoir été commis il y a cinq ou même dix ans.

Faisant le point de la situation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, M Munzu a relevé que l’ONUCI avait noté depuis le 30 décembre dernier, 31 nouveaux cas de personnes décédées dans des circonstances susceptibles d’être qualifiées d’atteintes au droit à la vie, en plus de 17 nouveaux cas de disparitions forcées dans les quartiers d’Abidjan.

"Ces informations ont été recueillies à partir de notre Centre d’appels qui a enregistré en une semaine 204 appels qui ont fait part de 316 cas de violations des droits de l’homme", a affirmé M. Munzu.  Il a estimé que chacun devrait être préoccupé par les violations des droits de l’homme, quels que soient son affiliation ou ses sentiments politiques.

M. Munzu a aussi indiqué que  l’ONUCI avait observé ces derniers jours plusieurs accrochages et des conflits inter-communautaires donnant lieu à plusieurs exactions, notamment à Zuénoula et à Gabia, dans le centre-ouest du pays.

Il a indiqué que le cas le plus grave était les incidents survenus à Duékoué depuis trois ou quatre jours, où des violences inter-communautaires ont éclaté suite à la mort d’une femme lors d’un braquage. Selon les informations reçues par l’ONUCI, au moins 14 personnes ont été tuées dans ces affrontements qui ont entraîné le déplacement massif des populations, a-t-il dit.

Au nombre des violations, M. Munzu a aussi relevé la descente musclée mardi dernier au quartier général de Alassane Ouattara -déclaré vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale indépendante (CEI) - par les Forces de défense et de sécurité (FDS), faisant au moins un mort et plusieurs arrestations. "Ces personnes auraient été amenées à la Préfecture de police d’Abidjan et nous ne sommes pas sûrs de leur sort", a-t-il souligné.

Le responsable des Droits de l’homme a souligné que « l’ONUCI continuera à travailler parce que notre action va dans l’intérêt des populations ivoiriennes et jusqu’à preuve du contraire, celles-ci continuent à apprécier ce que nous faisons, même dans le contexte actuel où les relations entre la mission et certains politiques semblent tendues ».

On rappelle que la Côte d'Ivoire vit une impasse politique depuis que les candidats au second tour de la présidentielle du 28 novembre dernier, le chef de l'Etat sortant Laurent Gbagbo et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara ont revendiqué chacun la victoire et formé son gouvernement. La communauté internationale a reconnu la légitimité de Ouattara et accroît les pressions contre le camp de Gbagbo en vue de l'amener à quitter le pouvoir. Mais ce dernier, en dépit des sanctions diplomatiques et économiques, refuse de partir.

-0- PANA BAL/TBM/SOC 06janvier2011

06 janvier 2011 19:49:21




xhtml CSS