Mise en garde du CPS de l'UA contre de nouveaux conflits

Charm el-Cheikh- Egypte (PANA) -- L'Afrique risque de connaître de nouveaux conflits frontaliers ayant la pauvreté pour détonateur et qui rendront nécessaire la prise de mesures urgentes par l'Union africaine (UA) afin de prévenir toute escalade, a-t-on appris d'un comité d'experts de l'organisation panafricaine.
Dans son rapport rendu public dimanche, à l'occasion du sommet de l'UA, qui se tient à Charm el-Cheikh, en Egypte, le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) avertit que la pauvreté et le dénuement, jugés responsables des derniers conflits enregistrés dans l'Archipel des Comores et au Kenya, sont des obstacles qui entravent les efforts consentis afin d'éradiquer les conflits sur le continent “De considérables avancées ont été réalisées depuis la dernière Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement, comme le démontre l'évolution de la situation au Burundi, le processus de paix en Côte d'Ivoire et la restauration de l'autorité dans l'île d'Anjouan”, note le CPS dans son rapport.
Cependant, l'organisme chargé de veiller sur la paix et la sécurité sur le continent et qui ambitionne de tisser des liens très étroits avec de puissantes institutions du monde, a également reconnu que les efforts de paix mis en oeuvre dans certaines parties du continent n'ont pas donné de résultat.
Le rapport, qui doit faire l'objet d'un examen approfondi au plus haut niveau, celui des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, relève que si des progrès ont été enregistrés cette année dans le règlement des conflits, il n'en demeure pas moins que le risque de nouveaux conflits ouverts demeure réel.
“De nouvelles tensions ont émergé qui, si nous n'y prenons garde, pourraient dégénérer en conflit ouvert”, constate encore le rapport élaboré par les 15 membres du Conseil de Paix et de Sécurité.
Le rapport préconise une nouvelle démarche privilégiant un débat sur la mise sur pied d'un grand gouvernement africain, un point dont devraient débattre les participants au sommet, qui se réunit à Charm el-Cheikh, les 30 juin et 1er juillet.
Cette rencontre va essentiellement traiter des initiatives de lutte contre la pauvreté.
Selon la lauréate du Prix Nobel de la Paix, Wangari Maathai, bien que nécessaires, les initiatives prises en vue de la formation du grand gouvernement africain ne pourront être concrétisées tant que le reste du continent n'aura pas compris qu'il faut raisonner en Africain et non en tant que membre d'un groupe ethnique.
“Nous ne sommes pas encore sortis de notre peur du tribalisme.
Les dirigeants divisent leurs pays et disent à ceux qui ne sont pas de la même tribu qu'eux que leurs vies seront menacées tant qu'ils n'accepteront de soutenir une position tribale, nous devons tout d'abord raisonner en Africains”, a-t-elle déclaré, s'adressant à la PANA.
Dans l'analyse faite par le Conseil de sécurité, les récentes tentatives de prise du pouvoir à Anjouan avaient pour principaux éléments déclencheurs la pauvreté et la mauvaise gouvernance au niveau local.
Il a affirmé que le redressement économique et une guerre durable contre la pauvreté sont importants pour permettre aux citoyens de l'île semi-autonome d'Anjouan de connaître la paix.

30 juin 2008 13:01:00




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