Mis en place d’un comité technique chargé de réviser la loi sur la presse au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Un comité technique a été mis en place pour se pencher sur l’actuelle loi sur la presse, datant de 2015, proposer des amendements à lui apporter «afin de résoudre les lacunes constatées dans sa mise en application», a-t-on appris, lundi, d’un compte rendu en ligne du Conseil des ministres de vendredi dernier, sur le sujet.

La carte de presse semble être l’un des enjeux majeurs de cette réforme proposée par le ministère des Postes, des Technologies de l’information, de la Communication et des Médias, selon la même source.

La carte de presse est aussi à l’état de projet au Burundi où il est question, avec la loi révisée, de l’octroyer à la fois aux professionnels du métier et à d’autres catégories de collaborateurs réguliers ou assimilés, dit-on du côté du gouvernement burundais.

En outre, le nouveau projet doit répondre à une autre préoccupation qui subsiste en rapport avec le statut de journaliste où «des malentendus s’observent toujours à cause de l’absence de cette carte».

Cette fois, le nouveau projet donne plus de précisions sur les conditions requises pour l’acquérir, l’organe chargé de l’octroyer et intègre certains domaines qui, jusque-là, «fonctionnaient sans cadre juridique approprié, comme le cinéma», lit-on toujours dans le compte rendu du Conseil des ministres.

Toutefois, « après échanges, le Conseil a constaté la complexité de ce projet qui comporte beaucoup d’implications et a mis sur pied une équipe qui va analyser tous ses contours et le retravailler, avant de revenir dans un délai de deux mois ».

Le Conseil des ministres s’est, par ailleurs, penché et a adopté, cette fois, un «Projet de Loi portant révision de la Loi n°1/03 du 24 janvier 2013, portant missions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil national de la communication, également présenté par le ministre des Postes, des Technologies de l’Information, de la Communication et des Médias.

La loi méritait également d’être révisée «pour mieux adapter certaines de ses dispositions au contexte actuel du paysage médiatique burundais, au développement rapide des Technologies de l’information et de la communication et au phénomène de mondialisation dont les effets affectent aussi le domaine de la communication».

Avec le nouveau projet, le champ de compétence du Conseil national de la communication va s’élargir aux secteurs qui n’étaient pas couverts par l’autorité nationale de régulation des médias, notamment "la diffusion en ligne, le cinéma, la publicité et les agences de communication".

Le Parlement devra, à son tour, se pencher et avaliser ces différentes réformes du secteur des médias pour qu’elles aient une force de loi applicable, le dernier mot revenant au chef de l'Etat chargé de les promulguer, selon les règles d’usage courant.

Ces réformes interviennent dans un contexte où les médias traversent une grave crise découlant du climat politique national toujours tendu par la controverse autour des élections générales de 2015.

Les professionnels des médias sont nombreux à avoir fui le pays par peur pour leur sécurité, tandis que plusieurs de leurs stations de radios et télévisions restent aux arrêts, certaines ayant été détruites physiquement, d’autres sur décisions judiciaires pour leur rôle présumé dans l’amplification de la crise électorale.
-0- PANA FB/IS/IBA 12juin2017





12 juin 2017 15:44:22




xhtml CSS