Migration avancée de l’analogique vers le numérique à la télévision publique du Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Les test effectués, ces derniers jours, sur les équipements techniques de la nouvelle télévision numérique montrent que 17 des 18 provinces du Burundi peuvent déjà recevoir des images et un son de haute définition par rapport au signal analogique révolu, a affirmé, samedi, le ministre burundais de l’Information, Nestor Bankumukunzi, sur les ondes de la radio publique.

Seule la province de Muyinga, aux confins Nord-Est du pays, n’a pas répondu positivement au test, a précisé le ministre à l’issue d’une mission d’inspection des équipements dans différentes régions du pays, en compagnie d’une délégation d'une société chinoise ayant gagné le marché de la télévision numérique au Burundi.

Les Chinois ont accepté de se pencher sur le cas et sur d’autres «petites imperfections» qui subsistent dans le déploiement de la télévision numérique à l’échelle du pays, a rassuré le ministre.

Le gouvernement chinois s’est, pour sa part, engagé à fournir au gouvernement burundais un don de 190.000 décodeurs et le processus de livraison de ces accessoires de la télévision numérique est en cours, a-t-il indiqué.

Une quantité de 20.000 autres décodeurs est déjà disponible, cette fois grâce à un don de la société des télécommunications chinoises «Star time medias» et maître d’œuvre de la numérisation de la télévision publique au Burundi, d’après la même source.

Les 210.000 décodeurs seront distribués gratuitement à des ménages aux moyens financiers modestes qui sont en cours d’identification par les services du ministère de l’intérieur, a précisé le ministre Bankumukunzi.

Pour les ménages plus nantis, le responsable gouvernemental a estimé qu’ils pouvaient se procurer par eux-mêmes des postes téléviseurs déjà adaptés au numérique sur les marchés burundais.

En plus du coût jugé élevé des équipements, cette modernisation de la télévision au Burundi risque de se heurter au problème structurel d’énergie électrique qui ne parvient pour le moment qu’à moins de 5% des ménages du pays, selon les statistiques officielles.

La numérisation n’est pas non plus une fin en soi et la télévision d’Etat doit encore fournir des efforts pour satisfaire le public qui est encore nombreux à la bouder à cause des programmes «peu attrayants et peu diversifiés», de l’avis général des consommateurs de l’information au Burundi.

L’audimat de la «petite lucarne" publique est toutefois reparti à la hausse à la faveur de la crise politique de bientôt deux ans qui a réduit au silence presque la quasi-totalité des médias audio-visuels privés auxquels le public avait commencé à prendre goût pour leurs informations et programmes jugés «moins protocolaires».
-0- PANA FB/IS 14janv2017

14 janvier 2017 18:34:56




xhtml CSS