Meles Zenawi met en garde contre des fausses solutions aux problèmes du commerce intra-africain

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) – Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a fermement mis en garde dimanche à Addis-Abeba, les dirigeants africains réunis dans la capitale éthiopienne pour le 18ème Sommet de l’Union africaine, contre des fausses solutions aux problèmes du commerce africain, exprimant ses doutes sur la capacité du continent à devenir une Zone de libre échange en 2017.

"Le renforcement du commerce africain est une volonté que nous partageons à 100%. Mais, il ne suffit pas d’ajouter une nouvelle couche institutionnelle à celle qui existe déjà pour régler nos difficultés à assurer des échanges commerciaux entre nous", a-t-il soutenu face à ses homologues africains réunis pour discuter du renforcement du commerce intra-africain.

Une stratégie présentée dimanche en plénière du 18ème Sommet prévoit que l’ensemble des Communautés économiques régionales africaines se transforment à l’échéance 2017 en Zone de libre échange économique africaine.

"Je ne crois absolument pas que cela soit possible. Je n'ai aucune assurance que ce nouvel engagement va fonctionner là où le Plan de Lagos et d’autres initiatives du genre n’ont pas du tout réussi. Nous prenons des engagements que nous ne sommes pas sûrs de tenir", a martelé le Premier ministre éthiopien.

Il a plaidé pour des solutions réalistes aux difficultés du commerce intra-africain, appelant à résoudre la faiblesse des infrastructures transnationales et le manque de financement des échanges commerciaux.

"Nos échanges commerciaux avec la Chine se développent très rapidement, alors que le commerce intra-africain a du mal à décoller. Nous devons nous interroger sur les vrais obstacles au commerce intra-africain. Si l’on veut atteindre le même niveau d’échanges commerciaux qu’avec la Chine, nous devons absolument régler le problème des infrastructures, d’énergie et le financement du commerce entre nous", a soutenu le président en exercice de l'Autorité intergouvernementale pour le développement  (IGAD).

Selon lui, il faut également prendre garde à ce que l’intégration régionale ne créé pas la concurrence entre des économies de la même zone produisant les mêmes produits d’exportation.

"Ne mettons pas en place un schéma dans lequel l’Ethiopie, producteur de café, exporterait du café vers le Kenya, déjà producteur du café lui aussi. Et le Tchad producteur du pétrole exporterait son pétrole vers le Soudan du Sud, déjà producteur de pétrole. Méfions-nous d’une intégration régionale qui entraînerait la désindustrialisation du fait de la concurrence entre les pays, qui ne produirait pas la croissance économique", a argumenté Meles Zenawi.

Présentant l’expérience de l’IGAD, il s’est réjoui des projets de construction de route entre l’Ethiopie et le Kenya, de mise en place d’une inter-connexion électrique entre Djibouti et l’Ethiopie et d'une connexion ferroviaire entre le Kenya et l'Ethiopie.

"C’est à travers des projets concrets d’intégration régionale comme ceux-là que nous allons renforcer le commerce intra-africain. Pour ma part, je n’ai aucune foi dans les grands engagements sans lendemain et dans la superposition des couches institutionnelles assorties d’échéances que personne ne respectera au final", a insisté le Premier ministre éthiopien.

La recherche des solutions aux problèmes du commerce intra-africain devrait largement  dominer les débats du 18ème sommet l’UA. Le renforcement des infrastructures transnationales est une des pistes envisagées par les chefs d’Etat et de gouvernement qui devraient adopter lundi le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA).

Le chef d’Etat sud-africain, Jacob Zuma, a présenté samedi à ses homologues membres du Comité d’orientation du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) un état des lieux de l’Initiative présidentielle pour la promotion des infrastructures (IPPI) qui comprend sept projets régionaux d’infrastructures.

Lancée par l’Union africaine et l’Agence de planification et de coordination du (APCN), l’IPPI prévoit, notamment, la construction d’une autoroute transsaharienne reliant, sur une longueur de près de 8.715 km, Dakar à Djibouti en passant par le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie et Djibouti.

L’Initiative envisage également la construction du tronçon routier Assamaka, en Algérie et Arlit, au Niger, ainsi que la pose d’un câble de fibre optique terrestre entre le Nigeria et l’Algérie.

-0- PANA SEI/TBM/IBA  29janvier2012


29 janvier 2012 19:16:07




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