Mbeki, Obasanjo et Wade optimistes sur les perspectives du NEPAD

Tokyo- Japon (PANA) -- Les présidents Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria et Abdoulaye Wade du Sénégal, ont rejeté, lundi, les affirmations selon lesquelles les progrès de l'initiative continentale étaient lents.
"Bien sûr, nous aimerions aller plus vite, mais il y a des contraintes auxquelles nous devons faire face et, qui plus est, le processus n'a que deux ans", a déclaré M.
Mbeki lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion de la troisième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD III).
Il a rappelé que c'était en 2001 que les dirigeants africains avaient adopté les décisions et orientations du NEPAD, en soutenant que l'initiative nécessitait de consulter plus de 50 autres pays avant de parvenir à des conclusions.
"Bien que nous préfererions aller plus rapidement, cela dépend de la vitesse de réaction de chacun", a-t-il affirmé.
M.
Mbeki a souligné, par exemple, qu'au sommet de l'Union africaine (UA) à Maputo, l'on s'attendait à ce qu'un protocole établissant le Conseil africain de sécurité et de paix soit ficelé, mais, en fin de compte, le nombre requis de signataires pour sa ratification n'avait pas été atteint.
"Pas nécessairement parce qu'ils opposaient une objection, mais simplement en raison des processus législatifs nationaux impliqués dans la ratification des instruments internationaux", a-t-il expliqué.
Concernant l'enlisement du Mécanisme de la revue des pairs, le président Abdoulaye Wade a fait observer que le plus irritant était l'hésitation de certains pays à signer le protocole d'accord qui les lieraient au mécanisme.
"En tant que non-signataires, ces pays ne peuvent faire l'objet d'aucune enquête de notre part, même si nos partenaires donateurs nous poussent à tenir nos engagements en matière de bonne gouvernance et de démocratisation", a déploré le dirigeant sénégalais connu pour son franc-parler.
Cependant, a-t-il déclaré, certains changements positifs ont été enregistrés dans certains pays africains par le biais d'élections transparentes, soulignant également que la Libye se débarassait progressivement du stigmate du terrorisme.
Auparavant, à l'occasion d'une session pléniaire de la TICAD III, le président Olusegun Obasanjo avait assuré aux délégués que le NEPAD en était à sa phase de mise en oeuvre associée au renforcement et à l'extension des partenariats.
Il a déclaré qu'une des conclusions majeures du sommet de l'UA à Maputo avait été la décision d'intégrer le NEPAD dans les structures et les processus de l'Union africaine dans un délai de trois ans.
M.
Obasanjo a indiqué que ce processus a été récemment mis en branle à travers un mécanisme consultatif entre le secrétariat du NEPAD et la Commission de l'UA.
"On s'attend à ce que ce processus prenne de l'ampleur et de la substance avec l'entrée en fonction de la nouvelle équipe qui va diriger la Commission sous la présidence de notre frère Alpha Oumar Konaré", a-t-il déclaré aux délégués de la conférence.
Concernant la paix et la sécurité, M.
Obasanjo a souligné que de gros efforts ont été déployés pour la prévention et la résolution des conflits "comme on a pu le voir dans les cas du Liberia, de la Guinée-Bissau et de la RD Congo, où les Africains ont réussi à garantir la prévalence d'un agenda de paix".
Il s'est aussi vanté du fait que le secrétariat du NEPAD et la Commission de l'UA avaient fait beaucoup de progrès dans leur interaction avec le G8, l'Union européenne et l'ONU dans l'élaboration d'un plan pour le renforcement des capacités des opérations de soutien de la paix en Afrique.
Affirmant que le NEPAD avait également fait des progrès en matière de promotion de l'Agenda Gouvernance, il a cité le lancement du Mécanisme africain de la revue des pairs (MARP) et la nomination, en mars dernier, d'une commission indépendante de personnalités éminentes pour ce mécanisme.
Après sa réunion inaugurale en juillet dernier, la commission du MARP est désormais "en train de préparer les premières revues qui vont être lancées avec un peu de chance au cours des trois prochains mois", a déclaré M.
Obasanjo, ajoutant que 16 pays africains avaient déjà accepté le Mécanisme, alors que d'autres étaient encouragés à signer son protocole d'accord.
Il a indiqué que le Mécanisme "représente un engagement renouvelé envers la bonne gouvernance, la transparence, la responsabilité et une opportunité de partager des expériences" entre les gouvernements africains.
Le rapport de M.
Obasanjo sur les progès du NEPAD a aussi porté sur le domaine des infrastructures, pour lequel il a révélé que le NEPAD s'était, en collaboration avec la Banque africaine de développement, engagé dans des efforts pour élaborer un Plan d'action portant essentiellement sur des domaines critiques comme l'énergie, le transport, l'eau et l'information ainsi que technologie de la communication.
"Il est présenté et soumis aux milieux d'affaires ainsi qu'aux partenaires au développement pour un éventuel engagement", a-t-il indiqué.
Concernant l'agriculture, il a déclaré que le NEPAD avait, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et de l'agriculture (FAO), produit le Programme global de développement de l'agriculture africaine (CAADP), dont l'accent était désormais mis sur la mise en oeuvre "en insistant sur la promotion de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté extrême".
Les autres domaines dans lesquels M.
Obasanjo a noté des progrès sont les projets touristiques et relatifs à l'environnement, le développement centré sur les ressources humaines, la société civile et le secteur privé, et les partenariats internationaux.

29 septembre 2003 15:50:00




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