Mauritanie: vers l'adoption d'une loi relative aux violences basées sur le Genre

Nouakchott, Mauritanie (PANA) - Après adoption par le Sénat, l’Assemblée nationale de Mauritanie va examiner, jeudi, une nouvelle loi réprimant les Violences Basées sur le Genre (VBG), a appris, mardi, la PANA de sources parlementaires.

Dans l’esprit, ce texte est considéré comme «révolutionnaire» au sein d’une société musulmane.

La nouvelle loi définit les actes de Violence Basée sur le Genre (VBG) et énonce de lourdes  peines contre les individus reconnus coupables de ces crimes désormais «imprescriptibles».

Elle passe en revue les différentes formes de VBG «le viol, les coups et blessures, le rapt, la séquestration, les insultes, les diverses formes de traitement inhumain, cruel et dégradant».

Le texte confère également à la femme une palette de liberté attachée à la dignité humaine, à savoir celle «de travailler, d’étudier, de voyager…. ».
  
Le texte accompagne également «les victimes par des réparations civiles et leur donne la possibilité d’une prise en charge de l’Etat à travers les services sociaux du ministère de la Santé.

La nouvelle loi confère aussi aux ONG de défense des droits humains, la possibilité de se constituer partie civile dans le cadre du traitement des affaires portant sur des cas de violence comme les agressions sexuelles».

Toutefois, au cours des derniers jours, plusieurs voix issues des communautés religieuses se sont élevées pour dénoncer «un projet de  loi susceptible de remettre en cause les fondements islamiques du droit mauritanien» à l’image de l’imam de la Grande mosquée de Nouakchott, Lemrabott Ould Habibou Rahmane et du parti «TAWASSOUL» issu de la mouvance islamiste modérée.

Les protestations des islamistes portent sur la fixation de l’âge minimal de mariage des  jeunes filles à 18 ans et quelques autres aspects liés au concept «Genre» jugé d’inspiration purement occidentale.

Ton radicalement opposé du côté des ONG, à l’image du Comité de Défense des Victimes de Violation des Droits Humains (CSVVDH), dirigé par Mme Sy Lalla Aicha Ouédraogo, dont les différentes composantes se mobilisent «pour faire échec aux forces rétrogrades» opposées à l’adoption de la nouvelle loi.
-0- PANA SAS/IS/IBA 10janv2016
  
        
  
  

10 janvier 2017 15:19:55




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