Mauritanie : Annulation du verdict de peine de mort contre un blogueur mauritanien

Nouakchott, Mauritanie (PANA) - La Cour d’appel de Nouadhibou (Nord) a cassé jeudi après-midi la décision rendue en janvier 2014, ordonnant la peine de mort contre un blogueur du nom de Mohamed Ould M’Kheitir, reconnu coupable «d’apostasie», a appris la PANA de sources judiciaires.

Se référant à l’article 306 du Code Pénal (CP) mauritanien, la Cour d’appel a condamné le blogueur à une peine de 2 ans de prison ferme et á une amende de 60.000 ouguiyas, soit environ 185 dollars us pour «mécréance».

Cette peine a déjà été purgée par le blogueur dans le cadre d’une détention à titre préventif depuis janvier 2014.

Le blogueur, rappelle-t-on, avait été condamné à la peine de mort pour «apostasie» par la Cour criminelle de Nouadhibou en janvier 2014.

La Cour d’appel de la même ville a requalifié les faits en «mécréance» en maintenant toutefois  le même verdict, en avril 2016.

Saisie d’un pourvoi par les avocats de la défense, la Cour suprême de Mauritanie a rendu un arrêt ordonnant le retour du dossier devant la Cour d’appel de Nouadhibou composée de nouveaux magistrats.

Au cours des 4 dernières années, plusieurs manifestations de rue, encadrées par la mouvance islamiste radicale, ont été organisées pour réclamer la tête du blogueur, accusé d’avoir renoncé à sa religion.

Par contre, des ONG de défense des droits humains, à l’image de Human Rights Watch (HRW) et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) ont, plusieurs fois,  interpellé les autorités mauritaniennes en dénonçant «la persécution d’un blogueur détenu pour délit d’opinion» et en exigeant un procès équitable qui devrait déboucher sur sa libération.

La mouvance islamiste radicale accuse Mohamed Ould M’Kheitir d’avoir renoncé à sa religion suite à des critiques portant sur certains aspects de l’organisation de la société arabe au temps du prophète.

Cependant, une thèse contraire à ces allégations affirme que le blogueur a plutôt dénoncé le recours à des arguments «religieux» pour justifier la marginalisation de la caste des forgerons au sein de la société mauritanienne.
-0- PANA SAS/IS/SOC 09nov2017  
  

09 novembre 2017 18:18:29


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