Manifestation d'élèves et d'étudiants vendredi à Bouaké

Bouaké- Côte d'Ivoire (PANA) -- Au moins un millier d'élèves et d'étudiants ont marché vendredi dans les rues de Bouaké, fief du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), pour protester contre l'invalidation de l'année scolaire dans les zones sous contrôle rebelle, a-t-on constaté sur place.
Le 24 avril dernier, le ministre ivoirien en charge de l'Education nationale, Amani N'Guessan, avait annoncé l'invalidation de l'année scolaire dans les zones des "Forces nouvelles" et des cours de mise à niveau pour l'année prochaine.
Il avait également fait part de son refus de redéployer des enseignants dans les zones dites de guerre, "tant que les rebelles restaient toujours en armes".
"Nous refusons que l'UNESCO et l'UNICEF se taisent devant la décision du ministre Amani de coûte que coûte invalider l'année scolaire dans les zones des "Forces nouvelles" -appellation politique de la rébellion ivoirienne- surtout qu'il n'existe plus de zones de guerres", a clamé Lamine Coulibaly, responsable à l'organisation de la marche.
Mercredi dernier, le secrétaire général du MPCI et ministre de la Communication, Guillaume Soro, avait remis en cause cette décision de son collègue, arguant qu'il s'agissait d'un acte "isolé et personnel".
"Ces propos n'engagent pas le gouvernement de réconciliation nationale et, jusque-là, aucun conseil des ministres n'a statué sur cette question", avait indiqué M.
Soro.
Après le déclenchement de l'insurrection armée en Côte d'ivoire le 19 septembre 2002, le ministre de l'Education avait demandé aux élèves et étudiants de poursuivre les cours dans les zones gouvernementales, mais l'insuffisance des infrastructures d'accueil avait poussé plusieurs élèves à revenir dans leurs zones respectives.
Une structure dénommée "école pour tous" a repris les cours depuis plus de cinq mois.
"Nous n'avons pas choisi de vivre dans ces zones, et nous exigeons, vu l'unité et l'indivisibilité de la république comme le stipule l'article 30 de la Constitution, que les mêmes décisions valables à Abidjan le soient à Bouaké tout comme à Korhogo et vice versa", a encore soutenu le porte-parole des manifestants, vêtus pour la plupart de tenues scolaires.

17 mai 2003 12:40:00




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