Mali : interpellation manu militari de trois journalistes d'une presse en ligne

Bamako, Mali (PANA) - La Maison de la presse se dit consternée et inquiète suite à « l'interpellation manu militari » de trois journalistes spécialisés en presse en ligne dans leur rédaction à MaliActu, mercredi en fin de matinée, indique un communiqué de la Maison de  la presse, association faitière des médias maliens, transmis samedi à la PANA.

Selon le communiqué, quatre individus en armes ont fait irruption dans la rédaction et emmené les journalistes et leur matériel de travail dans un véhicule banalisé. Un acte que la Maison de la presse assimile à un enlèvement.

« Officiellement, on ne sait toujours pas ce qui leur est reproché, mais, selon les déclarations de certaines autorités, hors monde judiciaire, il s’agirait d’une tentative d’escroquerie sur la personne d’un élu d’une commune rurale du cercle de Niafunké (Nord-Mali). Accusation relevant d’un délit de droit commun que nos confrères réfutent. Le vendredi 23 février 2018, après deux jours dans les locaux de la Brigade d’investigation judiciaire et de la Brigade des mœurs, Salif Diarra, Aliou Hasseye et Issa Coulibaly ont été présentés au procureur du tribunal de première instance de la Commune III », explique en substance le communiqué qui précise que Hasseye et Coulibaly sont ressortis libres du bureau du procureur, mais Diarra reste toujours sous le coup de l’interpellation, la Justice ayant demandé « des enquêtes plus approfondies » le concernant. Il sera de nouveau auditionné par le procureur lundi.

Le communiqué mentionne que la Maison de la presse se réjouit de la libération des deux confrères, mais dénonce leurs conditions d’interpellation, qui violent la procédure légale en la matière: aucune convocation ou citation n'ayant été servie. L’association faitière des médias maliens constate avec inquiétude la recrudescence des attaques contre les professionnels de l’information et des détentions qu’elle considère comme arbitraires et qu’elle condamne avec la dernière énergie.

Aussi, poursuit le communiqué, la Maison de la presse interpelle-t-elle les plus autorités maliennes sur l’utilisation de méthodes illégales de pression envers la presse, les atteintes à la liberté de presse, les atteintes à la liberté éditoriale et de ton des organes de presse, ainsi que le harcèlement des journalistes.

Elle les invite, à cet effet, au respect de la liberté d’expression, d’opinion et de presse, au respect du droit du citoyen à l’information de qualité et au respect de la liberté des médias et des données personnelles des individus.

La Maison de la presse attire l’attention des journalistes et de l’opinion nationale et internationale sur les risques qui pèsent de plus en plus sur l’exercice de la profession en République du Mali.
-0- PANA GT/BEH/IBA 25fév2018

25 Fevereiro 2018 11:54:14




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