Madagascar dénonce la politique du "deux poids deux mesures" de l'UA

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Madagascar, qui a été suspendue de l'Union africaine (UA) en mars 2009, au lendemain d'un coup d'Etat militaire, s'est plainte de la politique du "deux poids deux mesures" de l'organisation panafricaine.

Un responsable du régime d'Andry Rajoelina, actuellement présent au 18ème sommet de l'UA à Addis-Abeba, mais qui s'est vu interdire l'accès à toutes les réunions, en raison de la suspension de son pays, déclare qu'il avait espéré une levée rapide de la sanction.

"Nous n'avons rien à dire concernant les événements en cours parce que nous sommes encore suspendus, a déploré ce vendredi cet officiel qui porte son badge de délégué, mais n'a pas obtenu d'accréditation de l'UA.

"Nous avions espéré une levée de la suspension par l'UA. Nous comprenons qu'il s'agit d'une affaire politique. Les derniers événements relatifs au retour forcé de Marc Ravalomanana (ancien président) a peut-être causé ce retard et envenimé la situation", a constaté ce dernier à la PANA.

Ravalomanana, dont l'avion a été empêché d'atterrir récemment, alors qu'il tentait de rentrer dans son pays, est considéré par l'UA comme un élément essentiel pour le retour de l'ordre constitutionnel et politique à Madagascar.

Il a été contraint de céder le pouvoir en 2009, suite à une révolte de sept semaines dans la capitale, menée par les partisans de Rajoelina.

L'armée à transféré le pouvoir de facto au leader Rajoelina et les tribunaux ont rapidement soutenu ses efforts pour consolider son pouvoir.

Toutefois, les médiateurs de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), en tête des efforts visant à mettre fin à l'impasse à Madagascar, ont annulé les précédentes menaces unilatérales d'arrestation et de détention des anciens dirigeants pour abus de pouvoir.

Ravalomanana est recherché pour être jugé pour abus de pouvoir et meurtres de manifestants.

L'officiel malgache annonce que son pays envisage de contester la politique du "deux poids deux mesures" que l'UA applique à Madagascar, contrairement à la crise dans les pays d'Afrique du Nord.

"Il ne peut y avoir deux règles, une qu'on applique aux petits pays et l'autre aux grands pays! La situation en Egypte, en Tunisie et en Libye est similaire à celle de Madagascar et la question que nous posons est pourquoi Madagascar est traitée ainsi", s'est-il interrogé.

L'UA a défendu sa position par rapport à la révolte dans les pays nord-africains, justifiant la prise du pouvoir par l'armée égyptienne par la nécessité de "consolider la démocratie" et soulignant que le changement en Tunisie s'inscrivait dans le cadre de la loi.

Toutefois, l'UA a mis fin à son opposition sourde contre la nouvelle administration lybienne "en raison de circonstances exceptionnelles", ce que Madagascar juge "partisan".
-0- PANA AO/SEG/NFB/JSG/IBA  27jan2012

27 janvier 2012 11:45:10




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