M. Mbeki invite les intellectuels à s'impliquer pour l'Afrique

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le président sud africain Thabo Mbeki a prévenu ce jeudi à Dakar, que la renaissance et l'intégration de l'Afrique seraient difficiles à réaliser, sans la mobilisation des forces progressistes susceptibles d'apporter le changement au continent.
"Les questions telles que celles de l'émancipation de la femme et l'amélioration des conditions de vie du monde rural ne séduisent pas les conservateurs" a souligné le dirigeant sud africain, lors d'une discussion en groupe organisée à la première conférence des intellectuels d'Afrique et de la Diaspora, qui se tient dans la capitale sénégalaise.
Parmi les autres intervenants à cette table ronde sur la renaissance et l'intégration de l'Afrique, figuraient le président Abdoulaye Wade et le président ougandais Yoweri Museveni.
"La démocratie, la paix et la stabilité sont essentielles à l'intégration africaine" a insisté M.
Mbeki, qui a critiqué la contribution des quelque 500 intellectuels présents au forum à l'effort continental en faveur du progrès et du développement.
Rappelant l'assertion de Karl Marx selon laquelle, les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde : il a dit qu'il s'agit maintenant, de le transformer.
M.
Mbeki a alors invité l'intelligentsia africaine et de la Diaspora, à proposer des idées et stratégies qui changeraient le continent en mieux.
"Que faisons-nous pour faire avancer la démocratie et la stabilité en Afrique ? a-t-il demandé, notant que les intellectuels du continent sont confrontés à un grand défi consistant à trouver des solutions en vue de mettre fin à la haine raciale et ethnique qui attise les conflits dans plusieurs Etats.
Constatant que plus de 350 années d'apartheid ont nourri les préjugés raciaux en Afrique du Sud, il a dit que les intellectuels africains pourraient relever le défi consistant à trouver comment cultiver un esprit non racial dans ce pays.
M.
Mbeki a également cité le cas du Burundi, qui est dans un processus de rédaction d'une nouvelle constitution et suggéré que les intellectuels africains pourraient examiner de façon approfondie, le processus constitutionnel, en vue d'empêcher les divergences et controverses qui pourraient alimenter une autre tragédie, 10 ans après le génocide au Rwanda voisin.
Il a enfin indiqué que les intellectuels africains doivent identifier la vraie nature des troubles au Darfour (Soudan), en Côte d'Ivoire, au Sud-Est du Nigeria et en RD Congo, afin de décider de la stratégie la plus appropriée pour leur résolution.
Concernant les difficultés économiques du continent, M.
Mbeki a dit qu'il serait illusoire de songer que l'Afrique rompra les chaînes de la pauvreté et du sous développement, sans l'injection d'énormes quantités de capitaux comparables à ce qui a été apporté à l'Allemagne en déclin, par l'Occident.
"Paradoxalement l'Afrique elle, souffre d'une hémorragie de capitaux liée au service de la dette" a-t-il déploré.

07 octobre 2004 17:09:00




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