Libye: la visite de Fayez al-Sarraj en France et l'immigration au menu de la presse

Tripoli, Libye (PANA) - Les journaux libyens parus cette semaine ont largement couvert la visite du président du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj, en France où celui-ci a reçu les assurances de soutien de Paris à son gouvernement et à l'Accord politique libyen, tout comme la presse a accordé un grand intérêt à la polémique soulevée par les déclaration de l'émissaire de l'ONU en Libye relative à la décriminalisation de l'immigration clandestine et l'adoption d'un système d'accueil des réfugiés.

Le journal "Libya al-Mostakbal" a annoncé que le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale, Fayez al-Sarraj, a eu des entretiens dans la capitale française, Paris, avec le président français, François Hollande, sur la promotion des relations bilatérales entre les deux pays.

Le même journal a rapporté que le président français a réitéré le soutien de la France au gouvernement libyen d’union nationale, à l'effort de reconstruction et de réconciliation et à la lutte contre le terrorisme.

A l’issue d’un entretien avec le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale, M. Hollande a souligné que la situation en Libye était "lourde de grands dangers", a indiqué le journal, ajoutant que le président français a souligné que: "ces dangers sont d’abord sur la sécurité, pour la sécurité des Libyens. Danger par rapport au terrorisme qui a pu, à un moment et encore aujourd’hui, s’y installer, même s’il est en recul. Danger par rapport à des trafics de toutes sortes. Danger également par rapport aux migrations qu’un certain nombre de groupes entretiennent pour financer, par ailleurs, leur activité, qui peut être criminelle, voire terroriste".

François Hollande a, à cet égard, souligné l’intérêt pour la Communauté internationale d'avoir une Libye stable et sûre, d’où le soutien très important à apporter au gouvernement d'union nationale pour la réconciliation, a-t-il dit, cité par "Libya al-Mostakbal".

Selon le journal, le président français a annoncé que: "c’est d'ailleurs, ce qu'a engagé le Premier ministre al-Sarraj. Il va prendre des initiatives conformément aux accords qui avaient été signés au Maroc, il y a près d'un an et conformément à la Résolution du Conseil de Sécurité. Nous lui faisons confiance pour qu'il puisse élargir son gouvernement et intégrer toutes les parties prenantes. J’espère que la confiance lui sera aussi apportée par le Parlement".

Le journal "al-Wassat" s'est intéressé à la polémique qui a éclaté après les propos de l'envoyé de l'ONU en Libye, l'Allemand Martin Kobler, qui a proposé de décriminaliser l'immigration clandestine en Libye et d’établir un système d'asile le plus tôt possible, au moment où le phénomène de l’immigration clandestine prend de l’ampleur dans le pays en raison des flux importants d’immigrés

"La Libye doit abolir la criminalisation de la migration clandestine et établir un système d'asile dès que possible", a indiqué M. Kobler, cité par le journal, ajoutant que: "la situation des immigrants, qui sont en Libye, sur leur chemin vers l'Europe, est inacceptable".

Selon le journal citant toujours l'émissaire onusien, "les violations systématiques subies par les réfugiés sont absolument inacceptables, ainsi que l'impunité dont jouissent les auteurs", soulignant qu'il "ne peut pas exprimer assez la souffrance terrible des migrants, réfugiés et demandeurs d'asile, en particulier ceux de l'Afrique subsaharienne".

Le journal "al-Wassat" s'est fait l'écho de la réaction à ces déclarations, le porte-parole de la Chambre des représentants (Parlement), Abdallah Balaihak, a condamné et dénoncé l'ingérence dans les affaires intérieures et la violation de la souveraineté de la Libye, estimant que l'abrogation de la loi et de la législation est une affaire purement interne et, notamment, de la Chambre des représentants.

Personne n'a le droit de demander le changement d'une de ces lois, a-t-il souligné, selon le journal, rappelant que la mission de M. Kobler se limite à une médiation entre les parties libyennes en vue de la convergence des points de vue et ne doit pas le dépasser.

Face à la montée de la polémique, le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU et chef de la Mission d'Appui des Nations unies en Libye (Manul), Martin Kobler, a soutenu, dans un communiqué, que ses déclarations concernant la décriminalisation de la migration clandestine en Libye ont été largement mal perçues, assurant vouloir les clarifier.

Dans ce contexte, Martin Kobler a indiqué, selon le journal, que: "malheureusement, mes déclarations ont été mal interprétées. La Libye, comme tout pays souverain, a bien sûr le droit et le plein droit de réglementer l'entrée à travers ses frontières. Le franchissement irrégulier des frontières peut constituer une infraction administrative et doit être traitée en respectant les normes internationales qui garantissent les besoins de protection des migrants".

"La Libye conserve le droit d'expulser les migrants en situation irrégulière dans des conditions qui respectent les principes des droits de l'Homme. L'ONU reste prête et déterminée à aider les autorités libyennes dans ses efforts pour améliorer la situation des migrants", a ajouté le représentant spécial cité par le journal.

De son côté, le journal électronique Afrigatenews a publié les conclusions d'un rapport de l'Union européenne (UE) qui a estimé que le processus de transition politique en Libye représente toujours le premier défi du pays, assurant que la situation des droits de l'Homme se détériore avec des civils qui supportent le fardeau des combats.

Le journal a précisé que l'UE a rappelé que l'insécurité et l'effondrement de l'ordre public, en plus de la poursuite des enlèvements de civils en raison de liens familiaux et l'identité ou les affiliations politiques réelles ou alléguées, persistent, en plus des risques croissants sur les journalistes, les médias et les défenseurs des droits humains.

Le rapport de l'UE, un document officiel publié chaque année sur la situation des droits de l'Homme dans divers pays à travers le monde, indique, selon le journal que: "Malgré les progrès enregistrés dans certains domaines politiques publics en 2015 en Libye et la signature de l'Accord de Skhirat (Maroc) le 17 décembre, de nombreuses régions du pays sont toujours sous la menace d'affrontements violents et d'attaques terroristes".
-0- PANA BY/BEH/IBA 02oct2016

02 octobre 2016 00:00:43




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