Liberté provisoire pour Jean-Jacques Béchio

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Le secrétaire national chargé de la mobilisation du Rassemblement des républicains (RDR), M.
Jean-Jacques Béchio, en détention depuis le 31 janvier dernier, est sorti de prison mardi en fin d'après midi.
Conseiller spécial de l'ancien Premier ministre ivoirien, M.
Alassane Ouattara, M.
Béchio qui bénéficie d'une mesure de liberté provisoire, avait été arrêté à son domicile à la suite d'une descente musclée des éléments du CCER (Centre de collecte et d'exploitation du renseignement) qui l'avaient passé à tabac ainsi que les cinq membres de son personnel domestique.
Deux jours plus tard, dans une interview accordée au quotidien gouvernemental "Fraternité matin", le ministre d'Etat chargé de l'Intérieur et de la Décentralisation, Me Emile Boga Doudou, l'avait publiquement accusé "d'atteinte à la sûreté de l'Etat".
Me Boga Doudou avait soutenu que l'ancien ministre et ancien représentant de la Côte d'Ivoire à l'ONU avait "téléphoné d'une cabine publique" au leader du RDR pour l'informer des préparatifs d'un coup de force qui devait, selon lui, se dérouler le week-end suivant.
Mardi, à sa sortie de la MACA (Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan), celui que le ministre d'Etat chargé de la Défense et de la Protection civile, M.
Lida Moïse Kouassi n'avait pas hésité à qualifier de "grande gueule" sur les antennes de la télévision nationale au moment de son arrestation, a dénoncé, devant la presse, les conditions de détention dans les locaux de la présidence de la république.
"Oui ! j'ai été torturé à la présidence de la république", a affirmé de façon péremptoire M.
Béchio, confirmant ainsi ses propos publiés dans le rapport du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) dont la publication avait suscité une vive polémique avec les autorités ivoiriennes qui, par la voix du ministre d'Etat Lida Moïse Kouassi, avaient catégoriquement rejeté ces allégations qualifiées de "mensongères".
Le conseiller de M.
Alassane Outtara qui n'avait apparemment rien perdu de sa verve, assure connaître "celui qui a donné l'ordre" de le torturer et menace de révéler des "choses" qu'il n'a pas encore dites et qui pourraient "confondre" ses contradicteurs.
Pour le moment, assure l'ancien ministre, "je me contente de dire que j'ai été torturé au second étage d'un bâtiment de la présidence de la République".
Avec l'élargissement de M.
Béchio, il n'y a plus aucun responsable du Rassemblement des républicains en prison.
Mais soixante sept militants du parti demeurent toujours incarcérés.

30 Maio 2001 11:11:00




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