Liberia : Le pays a besoin du soutien des partenaires africains et internationaux pour construire une paix durable

Monrovia, Liberia (PANA) – Le retrait des troupes de maintien de la paix des Nations Unies peu après un scrutin couronné de succès, indique que le Liberia est bien sur la voie de la relance, mais la transition de ce pays de la guerre vers une paix durable est loin d'être terminée, ont déclaré, jeudi, dans un communiqué conjoint, le Bureau pour la consolidation de la paix au Liberia, l'Union africaine et l'Institut d'études de sécurité.

"Alors que l'attention internationale est tournée vers les conflits violents actuels, le Liberia a besoin d'une action claire et coordonnée de la part de tous les partenaires impliqués dans la prochaine phase de consolidation de la paix", suggère le communiqué.

Le 16 mai, le Bureau pour la consolidation de la paix (PBO) du ministère de l'Intérieur, avec l'Union africaine (UA) et l'Institut pour les études de sécurité (ISS) ont réuni les partenaires locaux et internationaux à Monrovia, au Liberia pour relever ce défi.

S'inspirant des leçons de la coopération Sud-Sud, qui accorde la priorité aux besoins et efforts de développement nationaux, la réunion a discuté des contributions distinctes que les partenaires africains et internationaux peuvent apporter au Liberia.

"L'expertise technique et le renforcement des capacités que les partenaires africains proposent peuvent efficacement être associés aux financements généreux et aux compétences de nos partenaires occidentaux", a déclaré le directeur exécutif du PBO, Edward Mulbah.

Les gouvernements de la Suède et des Etats-Unis, ainsi que l'Union européenne, contribuent depuis longtemps à la transition au Liberia. Leurs représentants, ainsi que ceux du Royaume-Uni, des organisations régionales et des gouvernements africains et des institutions de financement du développement, dont la Banque africaine de développement et la Banque mondiale ont pris part à ce séminaire.

"Le Liberia doit intensifier sa coopération avec ses voisins ouest-africains et africains", a déclaré l'ambassadeur Ibrahim Kamara, Représentant spécial de l'UA au Liberia. "A travers le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), le Liberia peut effectivement développer les divers secteurs de son économie".

Le Liberia est confronté à une récession économique et reste fortement dépendant de l'aide extérieure. Face à ses nombreux défis, ce pays ne manque pas de projets de croissance économique, de développement et de réconciliation.

Le gouvernement du Liberia, les Nations Unies et les partenaires bilatéraux et multilatéraux ont élaboré un plan de consolidation de la paix basé sur les priorités nationales qui reconnaît les rôles importants des partenaires comme la Banque mondiale et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Le Liberia a une feuille de route stratégique pour l'apaisement, la construction de la paix et la réconciliation nationale.

Un nouveau projet de développement basé sur l'aide au plus démunis qui forme la Vision Liberia Rising 2030 est en cours d'élaboration. Il va remplacer l'Agenda pour la Transformation qui couvre la croissance économique et le développement des infrastructures.

"Un des principaux problèmes est que les cadres de développement du Liberia n'ont pas été adéquatement associés aux cadres de consolidation de la paix", a déclaré Annette Leijenaar, Cheffe des opérations de paix et de consolidation de la paix à l'ISS. "Et bien que le nouveau projet de consolidation de la paix reconnaisse le rôle de la CEDEAO, son potentiel et celui des autres partenaires comme la Banque africaine de développement, ne sont pas pleinement explorés".

Les projets actuels avec les fora de coordination des donateurs et le Fonds fiduciaire multi-partenaires, ne sont pas en adéquation avec la contribution des acteurs africains dans les domaines du renforcement des compétences et du transfert des capacités. Il devrait également y avoir des relations plus claires entre les activités des acteurs du Nord et du Sud pour le maintien des acquis de la paix au Liberia.

"Le séminaire va se pencher sur un rôle accru dans la consolidation de la paix au Liberia, de l'UA, de la CEDEAO, de la Banque africaine de développement et des Etats régionaux de premier plan comme le Nigeria", a déclaré M. Mulbah.

Par exemple, les médecins libériens sont formés au Nigeria pour accroître le nombre de professionnels de Santé qualifiés au Liberia. Le Nigeria octroie également des bourses et forme des fonctionnaires libériens.

"La coopération Sud-Sud offre au Liberia de nombreuses opportunités dans des secteurs comme l'Agriculture, l'Education et la Santé", a déclaré M. Kamara. "Avec une meilleure coordination et une planification stratégique, les ressources peuvent être mises en commun - en se basant sur les forces particulières des partenaires spécifiques".

Selon les organisateurs du séminaire, les financements sont importants pour la consolidation de la paix et le développement. Tout comme un programme d'engagement durable dont on peut tirer des leçons et qui s'adapte au contexte local.

Le séminaire a été organisé en partie grâce à une subvention de la Carnergie Corporation de New York et du ministère norvégien des Affaires étrangères, ainsi qu'avec le soutien des membres du Forum du Partenariat de l'ISS : la Fondation Hanns Seidel, l'Union européenne et les gouvernements du Canada, du Danemark, de la Finlande, de l'Irlande, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède et des Etats-Unis.
-0- PANA AR/MA/FJG/IS/IBA 17mai2018

17 mai 2018 16:27:39




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