Les zones de conflit pourraient constituer "des cachettes" pour le virus Ebola, selon le Dg de l'OMS

Genève, Suisse (PANA) - A la suite d'une mission de deux jours en République démocratique du Congo, le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr. Tedros Ghebreyesus, a réitéré son appel aux parties belligérantes dans le Nord-Kivu à arrêter les combats pour permettre aux équipes de santé d'accéder aux zones touchées par la dernière épidémie d'Ebola dans la région.

Le Directeur général de l'OMS a indiqué, au cours d'un debriefing avec la presse à Genève, en Suisse, que sa visite à Beni et à Mangina, épicentre de l'épidémie qui a débuté il y a environ une semaine, l’avait laissé "plus inquiet" qu’il ne l’avait été à propos de l’épidémie dans la partie occidentale du pays, qui a officiellement pris fin le mois dernier.

"Ce qui rend l'épidémie dans l'Est de la RDC ou au Nord-Kivu plus dangereuse, c'est qu'il y a un problème de sécurité. Il y a un conflit actif dans cette région", a-t-il souligné, notant que depuis janvier, la région avait connu plus de 120 incidents violents, notamment des meurtres et des enlèvements de civils.

Parlant des zones où opèrent des groupes armés, il a déclaré qu'elles pourraient être des "cachettes" pour le virus. "Nous avons des difficultés à accéder à ces zones et les habitants de ces zones auront du mal à se déplacer vers des endroits où ils pourront obtenir le soutien dont ils ont besoin", a-t-il expliqué.

"Nous demandons à la communauté internationale d'aider à assurer l'accès aux zones inaccessibles", a plaidé M. Tedros. "Nous appelons également les belligérants à une cessation des hostilités car le virus est dangereux pour tous, il ne choisit pas entre ce groupe ou ce groupe".

Selon l’OMS et le ministère congolais de la Santé, le nombre de cas jusqu’à présent est de 57 confirmés ou suspectés, avec 41 décès, dépassant déjà la précédente épidémie d’Ebola dans la province de l’Equateur, avec 53 cas et 29 décès.

En outre, l’OMS indique que le nombre de femmes infectées au Kivu est jusqu’à présent beaucoup plus élevé que le nombre d’hommes infectés.

Outre le manque d’accès, le patron de l’OMS a cité plusieurs facteurs qui compliquent l’environnement opérationnel des intervenants d’Ebola, notamment la forte densité de population au Nord-Kivu, qui n’était pas un problème dans la province de l’Équateur; ainsi que les mouvements de population à grande échelle dans la région et à travers les frontières avec les pays voisins qui se poursuivent. Environ un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays à cause des combats.

M. Tedros a également signalé que sept agents de santé ont été infectés à ce jour, expliquant que cela représentait des défis supplémentaires pour la riposte.

Il a assuré que, bien que tous ces facteurs rendent l'épidémie "plus difficile à gérer", l'OMS continue d'apporter son soutien au ministère de la Santé et de "faire tout son possible pour être plus agressive que le virus".

Les efforts de dépistage ont permis d'identifier plus de 600 porteurs potentiels de virus, des programmes de vaccination et de traitement sont en cours et la sensibilisation a été intensifiée dans les communautés touchées, par le biais d'émissions de radio et d'autres communications à l'échelle de la communauté.

Dans sa déclaration, le Dr Tedros a salué le partenariat et les efforts conjoints du gouvernement de la RDC, de l'OMS, de la Mission de stabilisation des Nations unies au Congo (MONUSCO), du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et de diverses organisations internationales à but non lucratif.

En remerciant les donateurs pour leurs efforts et leur soutien dans la lutte contre la précédente épidémie dans la province de l'Équateur, il a conclu en appelant la communauté internationale à "accélérer le financement" pour répondre à cette nouvelle crise.
-0- PANA MA/AR/JSG/IBA 15août2018

15 août 2018 09:23:31




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