Les violences au Nigeria et en Centrafrique dans la presse française

Paris, France (PANA) - Les violences au Nigeria et en Centrafrique occupent une bonne place dans plusieurs quotidiens français parus ce lundi.

"Nigeria: 45 morts dans une attaque de Boko Haram", titre "Le Monde" qui indique que quarante-cinq personnes ont été tuées par des hommes armés soupçonnés d'appartenir à Boko Haram, en périphérie de la ville de Maiduguri, fief du groupe islamiste dans le Nord-est du Nigeria.

"L'attaque a eu lieu mercredi soir à Barderi, dans les faubourgs de Maiduguri, berceau de l'insurrection islamiste dans l'Etat de Borno et a visé une foule de villageois rassemblés à l'occasion de la venue d'hommes qui se faisaient passer pour des prédicateurs, selon deux habitants", souligne le quotidien.

"Ils sont venus dans notre village (...). Ils nous ont menti, disant être venus pour nous faire un prêche et quand presque tous les villageois se sont rassemblés, un autre groupe d'insurgés est sorti de nulle part et a ouvert le feu sur la foule. Tout le monde est alors parti en courant pour se mettre à l'abri", a raconté un témoin dans les colonnes du journal et un autre a ajouté que ces individus ont ensuite mis le feu à plusieurs maisons et boutiques.

"Le Monde" note que le groupe islamiste, qui a lancé son insurrection sanglante en 2009, multiplie actuellement les attaques, en particulier dans le Nord-est du pays et ses tueries ont fait plus de deux mille morts depuis le début de l'année.

Dans son article intitulé "Boko Haram rase des villages et fait des centaines de victimes", "L’Humanité" relève que les drames se sont succédé toute la semaine au Nigéria. Plusieurs villages du Nord-est du pays (Goshe, Attagara, Agapalwa et Aganjara) ont été rasés par des groupes armés mobiles de Boko Haram, les habitants abattus, les autorités sont plus que jamais débordées.

Un chef, parlant sous couvert d'anonymat, poursuit "L’Humanité", a évoqué une "crise humanitaire" : "les femmes et les personnes âgées de notre village ont besoin d'eau et de nourriture, les blessés ont besoin de médicaments et tous ont besoin d'un toit".

"Nigeria: Boko Haram multiplie les tueries", titre "Le Parisien", qui indique que selon des chefs locaux, entre 400 et 500 personnes ont été tuées.

"Ce bilan n'a pas été confirmé par les autorités. S'il se confirme, ce sera l'un des plus lourds depuis le début de l'insurrection islamiste en 2009, qui a déjà fait plus de 2.000 morts cette année", souligne le quotidien.

"Personne ne peut atteindre cet endroit, où les insurgés se trouvent toujours. Ils ont pris le contrôle de toute cette zone. Des corps jonchent toute la zone et les gens ont fui", a déclaré dans les colonnes du "Parisien" Peter Biye, un député de la région.

Selon un autre témoin, les dernières violences sont  "une vengeance" des islamistes, après que les habitants de cette localité ont tué des assaillants ces derniers jours. Une autre explication, lit-on dans "Le Parisien", est que des milices civiles d'autodéfense prêtent main forte à l'armée dans la lutte contre les islamistes, poussant ceux-ci à se retourner contre la population.

Concernant la Centrafrique, "Le Monde," qui a un envoyé spécial sur place, décrit la vie avec les anti-balaka dans un article intitulé "La Centrafrique, livrée aux chefs de guerre, s'enfonce dans le chaos".

"Contrôlez bien la route !", beugle Serge Gbeade, la trentaine, le chef anti-balaka à ses trois janissaires dans le village de Mardochée, situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Bangui. La chaussée est encombrée par un plot de circulation et deux rondins de bois. Le premier adolescent, armé d'une Kalachnikov, a sur le front un drapeau centrafricain fixé par une ventouse, les deux autres sont équipés d'arcs et de flèches.

Serge Gbeade, écrit "Le Monde", qui  règne en petit tyran sur ce minuscule hameau, auparavant, était cultivateur et "débrouillard», mais la "guerre a fait de lui un chef à la tête de  "deux sections", soit soixante-quatre hommes et enfants couverts d'amulettes.

Commencée à l'été 2013 dans la région de Bossangoa, fief de la famille de l'ancien président François Bozizé, la lutte de libération des "vrais fils du pays" contre les rebelles arabisés qui venaient d'arracher le pouvoir s'est muée en épuration confessionnelle, souligne "Le Monde".

Dans un autre article intitulé "Début du retour des soldats de Sangaris à partir de septembre", "Le Monde" indique qu’une partie des soldats français déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris devrait commencer à rentrer en France le 15 septembre qui sera remplacée à cette date, par la future mission de maintien de la paix des Nations unies.

Interrogé sur les troubles qui persistent en dépit de la présence française, le commandant français de l'opération, le général Francisco Soriano, a reconnu que: "la population musulmane, notamment dans Bangui, souffre" et "qu'elle a besoin de sécurité. Les milices anti-balaka exercent une véritable pression sur les populations musulmanes", a-t-il affirmé dans es colonnes du journal.

Mais, a ajouté le général Soriano, "la situation est en train de s'améliorer". Il en veut pour preuve des retours de musulmans "qui s'étaient réfugiés au Cameroun".

"Il ne faut pas oublier que la Centrafrique, c'est un pays qui a connu vingt années de crise. Nous ne réfutons pas les problèmes, les difficultés, qui sont encore importants, mais on ne peut occulter tout le travail qui a été fait par la force Sangaris", a-t-il souligné.

"Libération", dans son article "Centrafrique : premiers retours de soldats français en septembre", indique que lancée début décembre dernier, l'opération Sangaris sera petit à petit relayée par une mission de l'ONU.

Le général Francisco Soriano, commandant de l’opération française en Centrafrique Sangaris, a déclaré dans le quotidien, en évoquant la future mission de maintien de la paix des Nations unies: "Nous resterons jusqu’à ce que cette opération soit pleinement opérationnelle. Nous l’accompagnerons jusqu’à ce qu’elle ait atteint sa pleine capacité, ce qui devrait se faire d’ici la fin de l’année", selon lui.
-0- PANA  BM/JSG/IBA 09juin2014

09 juin 2014 09:36:51




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