Les travailleurs humanitaires mettent en garde contre une hausse des attaques barbares contre les civils en RCA

Bangui, Centrafrique (PANA) - Une organisation humanitaire internationale, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), et 27 autres organisations lancent un appel au Conseil de Sécurité des Nations unies pour qu'il prenne davantage de mesures en vue de protéger les civils en République Centrafricaine.

"Les dirigeants du monde doivent permettre aux forces de maintien de la paix des Nations unies qui se trouvent en Centrafrique de protéger les civils innocents contre la hausse des attaques barbares, des viols et des tortures auxquels ils font l'objet", a déclaré Eric Batonon, le directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés pour la Centrafrique. "Chaque jour, les attaques sont signalées dans le pays, de plus en plus de gens voient leur avenir hypothéqué et la confiance entre les communautés s’effrite de plus en plus", a-t-il ajouté.

Pour rappel, la mission de la MINUSCA expire le 15 novembre 2017, mais le Secrétaire général des Nations unies, Antonio-Gutterres, a suggéré un prolongement du mandat avec une hausse du nombre de troupes sur place à hauteur de 900 hommes, a déclaré le Conseil norvégien pour les réfugiés dans un communiqué publié ce lundi.

"Les niveaux actuels d'insécurité dépassent ceux de 2014 lors de la mise sur pied de la MINUSCA, de même que l'état de la situation humanitaire actuel du pays",  lit-on dans la lettre adressée par les organisations humanitaires au Conseil de Sécurité des Nations unies.

La proportion de la violence dans le pays a accru de manière dramatique au cours des six derniers mois et le nombre de déplacés a atteint la barre des 1,1 million de personnes, le plus grand nombre jamais enregistré dans le pays, d'après le NRC.

"L'absence de la sécurité doublée des attaques arbitraires contre les civils et les travailleurs humanitaires signifie que beaucoup de personnes dans le pays sont privées d'assistance humanitaire. Et ceci a des conséquences mortelles, avec les parents qui remuent ciel et terre pour trouver de la nourriture pour leurs enfants qui sont déjà mal nourris, sans oublier la quasi-non-existence des services sanitaires de base dans beaucoup de localités du pays", déplore M. Batonon.

Selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), il y aurait un manque considérable de financements pour l'assistance humanitaire. Les donateurs n'ont fourni que le 1/3 de l'argent requis pour satisfaire les besoins humanitaires les plus urgents pour le compte de cette année.

Pendant ce temps, le Conseil de Sécurité des Nations unies se penche sur la hausse du nombre de casques bleus en Centrafrique, l'une des recommandations mises sur la table par le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour le renforcement des opérations dans le pays, une proposition qui a été largement débattue lors de la réunion du Conseil lundi, à New York.

S'exprimant devant le Conseil, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Centrafrique, Parfait onanga-Anyanga, a déclaré que la proposition d'accroître la force MINUSCA à hauteur de 900 hommes est partie intégrante d'une "stratégie globale qui a pour objectif de remédier à la situation sur place qui se détériore",  tout en travaillant en collaboration étroite avec le gouvernement et en créant un espace pour le processus politique.

"Nous chercherons à améliorer la protection des civils avec un accent plus particulier sur les systèmes d'alerte précoce et sur la prévention. Nous déploierons également davantage d'efforts pour faciliter l'accès humanitaire aux populations en état de besoin", a indiqué M. Onanga-Anyanga, selon un communiqué des Nations unies.
-0- PANA MA/BAD/BEH/SOC 07nov2017





07 Novembro 2017 16:52:24




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