Les transferts de la diaspora comorienne au premier rang mondial

Moroni- Comores (PANA) -- La diaspora comorienne se classe aux tous premiers rangs au monde quant à l'importance de ses transferts, conclut un rapport réalisé avec l'aide de la Banque mondiale qui sera publié à Moroni le 26 août.
Les transferts monétaires réels de la diaspora comorienne se situent aujourd'hui entre 20 à 22 milliards de francs comoriens (1 euro = 492 FC) même si les calculs de la Banque Centrale des Comores les chiffrent à 19 milliards pour l'année 2001, indique ce rapport.
Ces estimations n'incluent pas cependant les transferts de biens matériels tout aussi importants, notamment des véhicules, des matériaux de construction, des articles électroménagers, des médicaments et divers matériaux pour les projets.
Ces transferts monétaires contribuent, précise le rapport, "à la balance positive des Comores dans le système des quotes-parts qui compense des différences en appels téléphoniques entre les pays".
"En 2002, la SNPT (Société nationale des postes et télécommunications) a reçu 1,4 milliard de francs à titre de compensation, en grande partie pour les appels venant de France", poursuit le rapport, qui souligne que "le dévouement de la diaspora pour l'épargne et le transfert de fonds est extraordinaire".
Certes, l'argent sert à financer des projets collectifs, les besoins des familles restées sur place et des investissements personnels comme la construction de maisons, mais une bonne partie finance le "grand mariage" qui confère honneur et respectabilité en Grande-Comore.
"Le coût extraordinaire du grand mariage, notent les auteurs du rapport, constitue en fait probablement la principale dépense financée par l'argent apporté par la diaspora" puisque les cérémonies nécessitent entre 10 et 60 millions de francs comoriens, soit "un gaspillage énorme".
L'apport de la diapora permet d'assurer "une stabilité monétaire et joue un grand rôle sur le taux de couverture de la masse monétaire par les avoirs extérieurs qui se chiffrait à 104% en 2000 et à 110% en 2001, éloignant à court terme le spectre d'une dévaluation".
Par ailleurs, compte tenu du fait que "La balance commerciale est chroniquement déficitaire (de l'ordre de 16 milliards en 2001), ces transferts sans contrepartie de la diaspora, de l'ordre 16,7 milliards, ont contribué à améliorer le compte courant et par conséquent la balance globale de 10 milliards".
Il y a toutefois des effets pervers de ces transferts.
Ils contribuent d'abord à l'augmentation des prix, à l'inflation supérieure à la moyenne annuelle aux mois de juin, juillet, août, septembre, avec l'arrivée des vacanciers de la diapora.
Ces transferts découragent enfin le travail, favorisant une tendance à l'assistanat.
Certains n'attendant plus, une fois leurs proches placés à l'extérieur, que la "moisson" à venir.

13 août 2003 21:06:00




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