Les soldats de la CEDEAO relèvent les Français sur le front Est

Bondoukou- Côte d'Ivoire (PANA) -- Les forces françaises de l'opération 'Licorne' basées, depuis le début de la crise en Côte d'Ivoire à Bondoukou, ville ivoirienne frontalière du Ghana, située à quelque 424 km à l'Est d'Abidjan, ont passé, samedi dans cette localité, le relais au dispositif ghanéen de l'ECOFORCE sur le front Est, a constaté sur place l'envoyé spécial de la PANA.
Ce "transfert d'autorité entre les deux forces permettra désormais aux troupes ghanéennes de la force de paix de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) d'occuper les différentes positions sur la ligne de non- franchissement" dans cette partie du pays, avait notamment déclaré à la presse, le chef d'état-major d'ECOFORCE le colonel ghanéen Bony, à l'Ecole de maintien de la paix de Zambakro, (près de Yamoussoukro), avant le déplacement sur Bondoukou.
La cérémonie s'est déroulée, sous un soleil de plomb, dans la grande métropole de la région du Zanzan.
Le drapeau français qui flottait sur le camp, symbolisant ainsi l'autorité de la France, a été remplacé par l'emblème de la force de paix de la CEDEAO dans la ville contrôlée par les forces régulières ivoiriennes.
"Physiquement, les forces françaises ne seront plus présentes à Bondoukou, mais à une dizaine de kilomètres au-delà", a indiqué le lieutenant-colonel Philippe Peret, porte-parole de l'opération 'Licorne'.
Ce transfert est le début d'un processus qui va s'étendre sur toutes les lignes de front.
Cependant, précise le général Bruno Darry en charge des forces françaises sur le terrain, les soldats français travailleront toujours "côte à côte" avec ceux de la CEDEAO.
"Le processus de paix est engagé et rien ne l'arrêtera", a conclu le responsable militaire français qui participait à la cérémonie en compagnie du général major Pape Khalil Fall, commandant en chef des troupes ouest-africaines présentes sur le terrain.
"Notre souhait, c'est que la ligne de non-franchissement, qui est une ligne de fracture, disparaisse et que très vite, nos frères de la Côte d'Ivoire retrouvent la paix", a indiqué l'officier supérieur sénégalais.
Selon lui, le transfert d'autorité entre les soldats français et ceux de la CEDEAO marque la volonté des armées africaines de prendre "rapidement" en charge leur sécurité et leur destin.
"Les problèmes doivent être réglés entre Africains.
Nous souhaitons rapidement prendre notre destin en main.
Il faut que la CEDEAO arrive à faire sa propre sécurité", a conclu le patron des "casques blancs" ouest-africains.

16 mars 2003 13:25:00




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