Les raisons de la signature de l'accord de paix par l'ALS

Abuja- Nigeria (PANA) -- Le plus grand mouvement rebelle du Darfour, l'Armée de Libération du Soudan (ALS) a signé l'accord de paix sous la houlette de l'Union africaine pour encourager le soutien international à mettre un terme à la crise qui dure depuis trois ans.
"Si nous refusons de signer cet accord, nous allons perdre le soutien de la communauté internationale.
Nous sommes le principal mouvement rebelle sur le terrain.
Nous avons beaucoup souffert et je crois qu'il est temps de faire quelque chose pour mettre fin à la tragédie", a déclaré Saifaldin Haroun, le porte-parole de Minni Minnawi, une faction de l'Armée de libération du Soudan (ALS) qui vient de signer un accord de paix avec le gouvernement de Khartoum à Abuja.
"Nos familles, nos frères, nos amis et nos sœurs meurent dans cette guerre injustifiée et je crois que c'est le moment de prendre une décision", a-t-il déclaré tout en donnant l'assurance de respecter le protocole.
"La vraie paix c'est celle signée et observée sur le terrain.
Des accords ont été signés sans être appliqués.
La vraie paix sera celle qui sera sentie par les populations du Darfour et tous les Soudanais.
Nous devons garder la paix", a-t-il déclaré tout en lançant un appel à la communauté internationale pour soutenir cet accord.
L'autre faction, Abdulwaheed Al-Nur de l'ALS et le Mouvement pour l'égalité et la justice (MEJ) ont refusé de signer l'accord.
L'accord demande un nouveau cessez-le-feu à observer par toutes les parties, signataires ou non, le désarmement des Djandjawids qui sont à la solde du gouvernement et l'intégration de certains combattants rebelles dans les forces armées, entre autres.
Selon le président nigérian Olusegun Obasanjo, hôte des négociations depuis deux ans, cet accord est "un moment décisif dans l'histoire du Darfour".
Le leader nigérian qui a été présent tout au long des dernières étapes des pourparlers, a félicité le gouvernement soudanais et la faction Minnawi, ajoutant que "c'est une victoire de l'Afrique qui a fait ce qu'il fallait au bon moment et avec le soutien de la communauté internationale".
Il a en outre estimé que ce nouvel accord ne peut prospérer que si les signataires sont dotés d'un esprit de grandeur et de dépassement.
"C'est ce qui peut garantir la bonne mise en œuvre de cet accord.
Ceux qui n'ont pas été en mesure de signer l'accord aujourd'hui, nous continuerons de leur tendre la main", a-t-il déclaré.
Le président de l'UA, Denis Sassou-Nguesso du Congo, estime pour sa part que cet accord "marque une étape historique, une occasion pour résoudre non seulement la crise du Darfour, mais aussi le manque de confiance entre les pays voisins du Darfour.
L'envoyé spécial américain, Robert Zoellick, arrivé au Nigeria en début de semaine pour encourager la signature de l'accord de paix, a déclaré que "c'est une occasion pour améliorer la terrible situation qui prévaut au Darfour".
La signature a été retardée par les efforts de dernière minute déployés par le présidents Obasanjo, Sassou Nguesso, M.
Zoellick, le secrétaire pour le Développement international, Hilary Benn, les représentants du Canada, de la France, de l'UE, de la Ligue arabe, des Etats-Unis, des Pays-Bas, de la Norvège, de l'Egypte, de l'Italie et de la Libye.
Avant la signature de l'accord, le président Obasanjo a lu le contenu d'une lettre d'un groupe de 15 personnes qui se sont désolidarisées de la faction Al-Nur pour prendre le train de la paix.
Dans la lettre, le groupe note que les rebelles ne doivent pas laisser cette opportunité de paix leur filer entre les doigts, ajoutant que "Seuls les grands esprits font la paix".
Le porte-parole du MEJ, Ahmed Tugod, explique son refus de signer l'accord par les points faibles qui figurent dans le document entre autres.
"Nous avons décidé de ne pas signer ce document si des changements ne sont pas apportés pour le rendre plus raisonnable", a-t-il déclaré.
La faction Al-Nur a embouché la même trompette et réclame l'amélioration du document.
Cet accord intervient après deux ans de négociations sous l'égide de l'Union africaine pour mettre un terme à la guerre qui a fait plus de 200.
000 morts et près de deux millions de déplacés.

06 mai 2006 13:33:00




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