Les populations du Nord du Burkina subissent des exactions de l’armée et des terroristes (Rapport)

Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) - Les populations du Nord du Burkina Faso, en proie au terrorisme, sont à la fois maltraités par les terroristes et l’armée nationale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, a dénoncé, lundi, l’ONG Human Rights Watch, dans un rapport.

« Les interlocuteurs interrogés ont systématiquement déclaré être pris entre les menaces des islamistes d'exécuter ceux qui collaboraient avec l'État et les forces de sécurité, qui s'attendaient à ce qu'ils fournissent des renseignements sur la présence de groupes armés et infligeaient des punitions collectives, notamment des mauvais traitements et des détentions arbitraires, lorsque qu’ils ne fournissaient pas ces informations », résume l’ONG.

Dans un rapport intitulé «Le jour, nous avons peur de l’armée et la nuit des djihadistes », Human Rights Watch a documenté des allégations de meurtres s’apparentant à des exécutions de 19 hommes par des groupes armés islamistes.

Le rapport révèle que les meurtres ont eu lieu dans ou près de 12 villages dans le Nord du pays et visaient en grande partie des personnes accusées de fournir des informations aux forces de sécurité, notamment des chefs de village et des responsables locaux.

Basé sur des entretiens menés lors de deux missions de recherche en février et en mars 2018, ce rapport documente les abus perpétrés dans la région administrative du Sahel et à Ouagadougou par des groupes islamistes armés, notamment des meurtres s’apparentant à des exécutions et des abus présumés commis par les forces de sécurité entre 2016 et 2018.

Selon des témoins qui ont parlé à Human Rights Watch, une grande partie des hommes ont été exécutés à leur domicile, quelques-uns ont été égorgés et un a été décapité.

Des villageois de la région du Sahel ont déclaré avoir été extrêmement effrayés par la présence de combattants islamistes armés qui les menaçaient régulièrement de représailles s'ils fournissaient des informations sur leurs allées et venues aux services de sécurité de l'État, soutiennent les auteurs du rapport.

« Plusieurs habitants issus de différents groupes ethniques ont expliqué avoir été enlevés, interrogés et, dans certains cas, battus ou volés par les hommes armés ».

Des travailleurs du secteur de l'Education ont fait état d’une série de menaces, d’intimidations et d’attaques contre des écoles et des enseignants par des islamistes armés dans la région du Sahel, notamment l'enlèvement d'un enseignant et le meurtre d'un directeur d'école, lit-on dans le document.

Cela a conduit à la fermeture d'au moins 219 écoles primaires et secondaires, laissant environ 20.000 élèves non scolarisés.    

Le Nord du Burkina Faso est tombé depuis 2015, dans un cycle d’attaques terroristes et d’enlèvements.

Parallèlement, entre 2016 et 2017, Ouagadougou a subi deux attaques violentes contre des restaurants populaires qui ont entraîné la mort de 47 civils et d’un membre des forces de sécurité.

Le 2 mars 2018, des combattants ont attaqué l'ambassade de France et le Quartier général de l'armée nationale à Ouagadougou, causant la mort de huit membres des forces de sécurité, rappelle-t-on.
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21 mai 2018 14:05:13




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