Les nouveaux enjeux, après l'entrée en vigueur de l'Union

Dakar- Sénégal (PANA) -- L'entrée en vigueur de l'Acte constitutif de l'Union africaine, "un mois après le dépôt de son 36ème instrument de ratification", ne dissipera pas toutes les interrogations qui ont interpellé ces derniers mois, la communauté diplomatique africaine.
Le choix du premier Président de "La Commission", structure qui remplacera le Secrétariat général de l'OUA, et les modalités pratiques de sa désignation, font partie des tous premiers enjeux de cette phase de transition a appris la PANA, de sources diplomatiques.
Le lieu d'implantation du futur Parlement panafricain après le maintien, à Addis Abeba en Ethiopie, du siège de l'organisation panafricaine (article 24 de l'acte constitutif de l'Union africaine), relève également des questions majeures qui occuperont les diplomates africains dans les tous prochains mois.
"Au moins un soupirant" et cinq candidats déclarés, convoitent depuis le sommet extraordinaire de Syrte de mars 2001, la succession du tanzanien Salim Ahmed Salim, au terme de son troisième mandat à la tête de l'Organisation de l'unité africaine.
Les candidats déclarés à ce jour proviennent essentiellement de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique australe.
Pour la première région, il s'agit du sénégalais Ibrahima Fall, actuel Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des questions politiques, du guinéen Lansana Kouyaté, secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et de l'ivoirien Amara Essy, ancien ministre des Affaires étrangères.
Albert Shabungu chef de la diplomatie du Swaziland et Théo Ben Guirab, ministre namibien des Affaires étrangères (désigné en remplacement de son compatriote Netumbo Ndaitwah, en charge de la condition féminine et de l'enfance) proviennent de l'Afrique australe.
Cette dernière région abritera les trois prochaines conférences des chefs d'Etat, notamment en Zambie (juillet 2001), ensuite en Afrique du Sud (2002), puis au Mozambique (2003).
Les sources de la PANA précisent cependant, que ces candidatures n'ont été abordées qu'incidemment à ce jour, notamment à l'occasion d'entretiens en tête à tête entre ministres ou chefs d'Etat africains.
Leur examen ne figurait ni dans l'ordre du jour officiel de la 73ème session du Conseil des ministres à Tripoli (25 au 28 février), ni dans celui du 5ème sommet extraordinaire de Syrte (1er et 2 mars).
Le Colonel Mouammar Kadhafi s'y était clairement opposé.
Il avait exprimé publiquement, dans ses discours de bienvenue en ces deux occasions, son hostilité "à toute question de nature à divertir l'Afrique de son objectif fondamental consistant à proclamer et à mettre en oeuvre sans tarder, l'Acte constitutif de l'Union africaine".
Le Guide libyen a été suivi par ses hôtes.
Des sources libyennes qui mettent en évidence "l'approche stratégique" du colonel Kadhafi, ont précisé à la PANA que leur Guide a cherché "simplement, à faire l'économie de secousses inutiles, susceptibles de miner la nouvelle structure avant même la mise en place de ses organes".
Pour cette raison, Kadhafi serait plutôt favorable à une prolongation du mandat de Salim qui arrive à échéance en septembre 2001, "pour une année maximum, le temps que devrait durer la transition, de l'OUA à l'Union africaine, telle que stipulée par l'article 33 de l'Acte constitutif".
Des diplomates qui suspectent la Libye de "couver au moins un soupirant au nombre desquels Alpha Oumar Konaré", relèvent par contre que "c'est exactement le délai dont a besoin le président malien, pour terminer en mars 2002, son second et dernier mandat présidentiel et postuler à la présidence de "La Commission".
Autre candidature possible, celle de la zambienne Inonge Mbikusita Lewanika pour qui le Réseau de développement et de communication des femmes africaines (FEMNET), basé à Nairobi, a engagé cette semaine, un intense lobbying auprès des autorités zambiennes.
Dans une lettre d'appel dont la correspondante de la PANA à Lusaka a reçu copie, la directrice exécutive du FEMNET, Muthoni Wanyeki, encourage le gouvernement zambien à soutenir cette candidature afin qu'elle devienne "la première femme à diriger l'organisation continentale".
Mme Mbikusita-Lewanika qui est parlementaire, préside actuellement la Fédération du réseau des femmes africaines sur la paix.
Confirmées ou pas, ces "confidences" et initiatives n'en fleurissent pas moins.
Elles pourraient donner raison au Colonel libyen si elles contribuent effectivement à détourner l'opinion de l'indispensable contribution que les intellectuels africains et de la diaspora, se doivent encore d'apporter à l'Union, afin de la mettre d'abord, au service des populations africaines.
Dans cette perspective, notent les observateurs, l'Union africaine opérerait une révolution salutaire dans les usages diplomatiques "si, en lieu et place des critères affectifs, géographiques, politiciens, de Genre ou de rotation prévalant jusqu'ici, elle privilégiait désormais d'autres canaux".
"Elle bénéficierait par exemple, de compétences avérées si, sous l'arbitrage du Parlement panafricain, elle imposait systématiquement à tous ses futurs candidats, une compétition démocratique, sur la base des professions de foi, de la qualification effective et de l'expérience acquise".
Un tel exercice, ajoutent les mêmes sources, "serait susceptible d'éclairer également sur leur itinéraire et l'usage qu'une fois élus, les candidats entendent faire des responsabilités convoitées".

24 avril 2001 20:23:00




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