Tripoli- Libye (PANA) -- La trentaine, professeur de physique dans une école privée à Tripoli, Ramla, l'air fière, marche d'un pas alerte sur le chemin menant à son lieu de travail, situé à quelques encablures de son domicile.
Prototype de la femme libyenne telle que façonnée par la Révolution du 1er Septembre, Ramla énumère avec une fierté les multiples exemples de réussite féminine dans sa famille et dans son entourage.
Sa sœur est officier de Police avec d'importantes responsabilités, sa tante, une brillante avocate et son amie d'enfance pilote de ligne.
Dans son entourage immédiat, elle ne tarit pas d'exemples de femmes médecin, directrices d'entreprise ou femmes d'affaires.
Pour elle, il n'y a pas l'ombre d'un doute que la femme libyenne est une femme libre, dotée d'une forte personnalité et exerçant tous les droits que lui a conféré la Révolution.
Pour illustrer son propos, elle cite la participation de la femme aux travaux des congrès populaires de base (la plus haute autorité du pays) pour contribuer à définir la politique intérieure et extérieure du pays, ainsi que les stratégies à adopter pour la promotion du processus du développement de la Libye.
Que de chemin la femme libyenne a dû pourtant parcourir pour atteindre ce statut en particulier depuis la Révolution du 1er Septembre 1969 ! Les Libyennes, qui célèbrent samedi à l'instar de leurs sœurs du reste du monde, la Journée internationale de la Femme, sont en effet conscientes des acquis qu'elles doivent à l'avènement de la révolution qui les a libérées du poids des traditions et des préjugés sociaux qui les ont longtemps tenues sous la domination et dans l'arriération.
Ainsi, comme dans toutes les sociétés du monde arabo-musulman, la femme libyenne a payé un lourd tribut aux coutumes et traditions imposées par les hommes qui ont interprété le Coran et les préceptes de l'Islam à leur profit, dans l'unique intention d'asseoir leur domination.
Cette situation avait contraint la femme libyenne à vivre recluse, dans l'ignorance, en marge de la vie active de la société, se bornant à jouer des rôles subalternes et à se contenter des tâches ménagères, privant ainsi le pays de la contribution de la moitié de sa population.
Cependant, cette "ère de la misogynie" a vite connu son déclin avec le déclenchement de la Révolution du 1er Septembre conduite par le colonel Mouammar Kadhafi.
Le leader libyen a, en effet, dès les premiers instants de la Révolution, prôné l'émancipation de la femme en encourageant les Libyennes à exercer leurs droits et à prendre part activement dans les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays.
Le premier communiqué de la Révolution, diffusé à l'aube du 1er septembre 1969, annonçait sans ambiguïté la libération du pays ainsi que l'égalité entre l'homme et la femme, sans aucune discrimination.
La Déclaration constitutionnelle du 17 décembre 1969 viendra renforcer cette position, soulignant que "tous les citoyens libyens sont égaux devant la loi", tandis que la proclamation du Pouvoir du peuple, le 2 mars 1977, affirme que "le pouvoir en Libye est exercé par les hommes et les femmes à travers les congrès populaires".
Cette nouvelle orientation et cet esprit novateur apportés par la Révolution vont donner une formidable impulsion à l'élan déclenché en faveur de l'émancipation de la femme et son intégration dans la vie active.
Tout un arsenal juridique viendra ensuite renforcer les principes proclamés par la Révolution du 1er Septembre et promouvoir l'indépendance et la liberté octroyées aux femmes.
Ainsi, l'article 21 de la Charte verte des droits de l'Homme adopté par les congrès populaires de base le 12 juin 1988 et la loi de 1991 relative à la consolidation de la liberté en Libye affirment l'égalité entre les deux genres, rejetant toute discrimination entre eux.
Quant à la polygamie, considérée comme une sorte de violence contre la femme, elle est presque impossible en Libye.
En effet, l'accord de la première épouse est aujourd'hui obligatoire à l'homme pour convoler en secondes noces, sinon il faut disposer d'une autorisation du tribunal pour des cas strictement définis par la loi, notamment la stérilité ou la maladie de la première femme.
D'autres mesures telles que la ratification de conventions internationales en faveur de la femme et l'école obligatoire pour tous les citoyens (garçons et filles) ont largement contribué à libérer la femme libyenne et à lui assurer une autonomie financière qui lui a conféré une place prépondérante dans la société.
Instruite, confiante en ses capacités, la femme libyenne a su, à travers le temps et les espaces de liberté qui lui ont été octroyés, forger sa personnalité et gravir tous les échelons de la vie sociale pour accéder à tous les postes, notamment l'enseignement, l'armée, l'aviation et l'administration.
La femme libyenne ne s'est cependant pas limitée à ces avancées.
Malgré la forte persistance de certains préjugés qui lui sont défavorables, elle s'est engouffrée dans la brèche que lui a ouverte la Révolution pour conquérir d'autres domaines, affirmer sa présence dans la société et contribuer au processus de développement du pays.
C'est ainsi qu'elle a pris d'assaut l'action civile et caritative et milite dans des organisations reconnues pour l'efficacité de leur travail sur le terrain.
Les femmes libyennes se sont regroupées dans des organisations pour aider leurs sœurs en difficulté et interviennent dans le monde rural au grand bénéfice de celles habitant ces régions qui, à leur tour, apprennent à connaître leurs droits et à s'émanciper.
Aujourd'hui, la femme en Libye apparaît, eu égard aux clichés colportés par les irréductibles partisans du statu quo ante, comme ayant réussi à faire la symbiose entre sa culture et la modernité et vit en parfaite harmonie avec son époque.
Cette situation enviable de la femme libyenne, ainsi que ses nombreux acquis socio-économiques, dont sont privées les femmes dans certains pays arabes comme le droit de voyager sans tuteurs ou de refuser une co-épouse, sont reconnus et salués au niveau international.
Dans un rapport relatif au développement de la protection juridique et sociale pour l'année 2005, l'Organisation arabe du travail (OAT) considère la Libye comme l'un des pays les plus avancés du monde arabe en matière de système de protection sociale et juridique de la femme au travail.
Ce témoignage assez éloquent sur la valeur des acquis de la femme libyenne fait peser sur elle une lourde responsabilité non seulement vis-à-vis de la préservation de ces acquis, mais aussi pour en conquérir davantage afin de contribuer plus efficacement à la construction, au progrès et à l'épanouissement de son pays.