Les négociations de paix au Darfour sous le signe de l'espoir

Syrte- Libye (PANA) -- Le commissaire pour la Paix et la Sécurité de la Commission de l'Union africaine (UA), Saïd Djinnit, a affirmé dimanche à la PANA à Syrte (centre de la Libye) que la conférence internationale sur les négociations finales pour la paix au Darfour, qui a débuté samedi, constitue le début du processus politique dans la province située à l'ouest du Soudan.
Il a assuré que tous les participants sont unanimes sur le fait que le lancement des pourparlers est un processus qui permettra aux différentes parties concernées d'entamer les négociations en attendant d'être rejoints par les autres factions non signataires de l'accord de paix d'Abuja n'ayant pas encore rejoint la conférence de Syrte.
M.
Djinnit a ajouté que les autres mouvements rebelles, notamment le Mouvement pour l'égalité et la justice et le Mouvement de libération du Soudan, sont attendus et que la porte reste ouverte.
Il a affirmé que les médiateurs ont, au cours de l'ouverture de la conférence, fait le constat de l'absence d'un certains nombres de mouvements dont certains ont choisi de ne pas venir, alors que d'autres ne sont pas encore prêts.
Une situation qui, a-t-il dit, interpelle les médiateurs qui doivent tirer les conséquences en revoyant la manière dont les négociations doivent être menées.
Le commissaire de l'UA pour la Paix et la Sécurité a ajouté que l'équipe conjointe des Nations unies et de l'UA a mis au point une stratégie de négociations flexible et ajustable en fonction de la situation sur le terrain et de la disponibilité des parties soudanaises.
M.
Djinnit a indiqué que les médiateurs et les envoyés spéciaux vont tirer les leçons du débat de samedi et dimanche pour affiner l'organisation de la médiation, notamment la nécessité pour les parties présentes de consolider leurs positions et de donner du temps aux autres mouvements pour qu'ils puissent rejoindre les négociations, affirmant que l'important est qu'elles soient lancées.
Le commissaire de l'UA pour la Paix et la Sécurité a affirmé que toutes les parties notamment les médiateurs et les pays de la région qui ont des responsabilités importantes et une proximité avec les parties prenantes directes, les mouvements rebelles et les membres de la communauté internationale, ont le devoir de faire pression sur ceux qui ne sont pas venus pour qu'ils rejoignent le processus.
Pour M.
Djinnit, la question qui se pose est de savoir comment concilier la nécessité d'une meilleure organisation qui est sollicitée par les parties absentes et l'urgence de la paix pour le Darfour.
Parlant des chances de succès de la conférence internationale sur les négociations finales pour la paix au Darfour, M.
Djinnit a indiqué que les participants à cette rencontre aussi bien les Africains que les non-Africains ont insisté sur le fait que c'est une opportunité unique et peut-être même la dernière chance pour la paix et que l'UA déploie tous les efforts aux côtés de ses partenaires pour que Syrte donne lieu à un accord durable.
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On rappelle que l'envoyé spécial de l'ONU pour le Darfour, Jan Eliasson, son homologue africain, Salim Ahmed Salim, les envoyés spéciaux des Etats-Unis et de la Chine au Soudan, Andrew Natsios et Liu Guijin, participent à la réunion de lancement des pourparlers, aux côtés du président de la Commission de l'UA, Alpha Omar Konaré et du Secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.
La Libye, l'Egypte, le Tchad et l'Erythrée, pays voisins du Soudan représentés respectivement par le secrétaire libyen des affaires de l'UA, Dr Ali Triki, les ministres des Affaires étrangères Ahmed Abou Gheit et Ahmed Allami, ainsi que le conseiller du président érythréen Yamani Djibbril prennent part à ces négociations.
Le gouvernement soudanais a envoyé une importante délégation conduite par le vice-président soudanais, Nafie Ali Nafie tandis que six groupes rebelles non signataires de l'accord de paix d'Abuja participent à la réunion de Syrte, à savoir deux sous- groupes du Mouvement pour l'égalité et la justice (JEM), ceux d'Abou Garda et de Lazraq, le groupe des 19 issu du Mouvement de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement national pour la réforme et le développement (NMRD) ainsi que le Front des forces révolutionnaires unies (URFF).
Le conflit, qui a éclaté en 2003 au Darfour, la province occidentale soudanaise, a fait, selon les organisations internationales, plus de 200.
000 morts et 2 millions de déplacés soudanais.

28 octobre 2007 16:05:00




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