Les ministres de l'IGAD pour des sanctions plus ciblées contre l'Erythrée

Malabo, Guinée équatoriale (PANA) - Les ministres des Affaires étrangères d'Afrique de l'Est ont appelé à plus de sanctions ciblées contre l'Erythrée pour son soutien aux extrémistes pour déstabiliser la région, indique un communiqué publié à Malabo.

Le Conseil des ministres de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) s'est réuni en marge de la réunion du Conseil exécutif de l'UA à Malabo, pour exhorter l'UA et le Conseil de sécurité de l'ONU à entériner des sanctions supplémentaires contre Asmara.

La réunion a également préconisé des mesures spécifiques concernant les énormes transferts de devises provenant des Erythréens de la diaspora, la suppression du financement au gouvernement d'Isaias Aferwerki, que la région accuse d'être à l'origine de sa déstabilisation.

Les sanctions actuelles de l'ONU ciblent principalement le président et ses proches.

L'IGAD et l'UA ont dans le passé sollicité la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Somalie pour bloquer les vols à partir de l'Erythrée.

L'Erytrhée a été longtemps considérée comme l'ennemie jurée de l'Ethiopie en Afrique de l'Est.

L'Erythrée s'est séparée de l'Ethiopie au terme d'une guerre cruelle.

Les deux pays se sont également battus pour le contrôle de la ville stratégique de Badme, qui a permis à l'Ethiopie d'avoir accès au port de la Mer-Rouge.

Mais l'échec à mettre un terme à la crise entre les deux pays a été une source de disputes et à l'origine de la situation de "ni guerre ni paix", marquée par un échange de rhétoriques guerrières entre les deux voisins.

Le dernier terrain d'affrontement entre les deux Etats est aujourd'hui la Somalie, où l'Erythrée est engagée dans une forme de guerre par procuration contre l'Ethiopie.

Asmara est largement considérée comme proche des groupes extrémistes en Somalie et est accusée de fournir des armes aux jihadistes étrangers en Somalie.

Les efforts de l'IGAD pour faire obstacle à l'Erythrée se sont matérialisés quand le Conseil de sécurité de l'ONU, agissant sur recommandation de l'Assemblée des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, a imposé des sanctions à l'Eryhtrée.

Le vice-Premier ministre éthiopien et ministre des Affaires étrangères, Haile Mariam Desalegn, qui a présidé la réunion ministérielle de l'IGAD, a demandé à l'UA et au Conseil de sécurité d'agir face aux efforts de déstabilisation supposés de l'Erythrée dans la région de la Corne de l'Afrique.

Les ministres, venus de Djibouti, d'Ethiopie, du Kenya, du Soudan, de la Somalie, ont condamné les activités de l'Erythrée, affirmant que ce pays était activement impliqué dans la déstabilisation de la région en soutenant les extrémistes et les éléments subversifs.

"Nous demandons au Conseil de sécurité de prendre des mesures appropriées pour faire en sorte que le régime d'Asmara cesse toutes ses activités de déstabilisation dans la région de la Corne de l'Afrique", ajoute le communiqué de l'IGAD.

Par ailleurs, un sommet des chefs d'Etat de l'IGAD est prévu le 4 juillet, mais le lieu de la rencontre n'a pas encore été annoncé.
-0- PANA AO/SEG/NFB/JSG/IBA 30juin2011

30 juin 2011 11:53:36




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