Les militaires burundais à l'école du SIDA

Bujumbura- Burundi (PANA) -- Une centaine de soldats de diverses unités de la partie méridionale burundaise participe à un séminaire de formation, ont annoncé les organisateurs.
Les soldats sont considérés comme faisant partie de la couche sociale la plus vulnérable au VIH/SIDA qui trouve un terrain propice au sein de l'armée qui recrute annuellement des centaines d'adolescents, pressés de découvrir le plaisir sexuel, souvent dans un esprit de groupe, a dit le Dr Sophie Niyondavyi, l'un des principaux formateurs de l'atelier qui a lieu au camp militaire de Bururi (sud).
Selon la même source, le soldat est à la fois une victime potentielle de la contamination et de la propagation du SIDA à grande échelle, compte tenu de ses fréquents changements de lieux d'attache qui le mènent continuellement à travers toutes les régions du pays.
Dans le milieu rural où il est déployé, le soldat burundais possède un pouvoir d'achat plus élevé que les autochtones qui prennent souvent l'initiative d'avoir des rapports sexuels remunérés, mais dans la plupart des cas non protégés, a expliqué le Dr Niyondavyi.
Il y a par ailleurs le facteur conjoncturel de la guerre civile au Burundi qui amène les militaires à accomplir les taches de sécurisation des camps de personnes déplacées où vivent de la prostitution de survie des veuves et des orphelines.
De l'avis même des organisateurs de la rencontre, cités par le Dr Niyondavyi, la tentation est grande pour eux de se livrer aux actes sexuels à l'ombre d'une tente.
S'agissant de la situation globale de la prévalence du SIDA au Burundi, près de 400.
000 personnes, toutes catégories confondues en sont porteuses.
Quelque 40.
000 d'entre elles en sont mortes en 2000, tandis que 230.
000 enfants burundais sont aujourd'hui des orphelins de ce fléau, déclaré depuis 1983 dans le pays.

05 octobre 2001 20:16:00




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