Les médicaments anti-SIDA de plus en plus abordables

Dakar- Sénégal (PANA) -- Les prix des médicaments anti-SIDA commencent à devenir abordables en Afrique du Sud avec l'annonce, ce week-end, de deux initiatives destinées à réduire le coût des anti-rétroviraux les plus fréquemment prescrits.
La compagnie multinationale GlaxoSmithKline (GSK) a annoncé samedi qu'elle accordait volontairement des licences à la firme locale Aspen Pharmacare pour produire l'AZT et le 3TC mais aussi les associations comme le Combivir, exclusivement au profit du secteur public.
Un communiqué de GSK déclare que l'accord oblige également Aspen à payer 30 pour cent du prix de vente net au profit des ONG qui se consacrent à la lutte contre le VIH/SIDA.
D'autre part, Cipla-Medpro, l'associé local de la firme pharmaceutique indienne Cipla, a déposé une plainte auprès de la Commission de la concurrence affirmant que GSK et Boehringer Ingelheim ont volé ses brevets.
Cipla fabrique la Nevirapine, un médicament antirétroviral qui aide à prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant.
Elle a déclaré dans sa plainte auprès de la Commission de la concurrence qu'elle sollicitait des réparations pour ce qu'elle considère comme un vol de brevets par GSK et Boerhinger Ingelehem qui a mis en circulation un autre antirétroviral commercialisé sous le nom de Nivirapine.
Le secteur privé reste le seul véritable marché pour les médicaments antirétroviraux en Afrique du Sud en raison du refus persistant du gouvernement de fournir ces spécialités aux malades du secteur public qui n'ont pas les moyens de les acheter.
L'action de Cipla, inédit sur le plan juridique, conteste la façon dont les brevets ont été utilisés par les deux compagnies pour maintenir les prix des médicaments à un niveau élevé.
"Les titulaires de brevets et tous les détenteurs de licence pratiquent des prix exorbitants pour les produits pharmaceutiques concernés ce, au détriment des consommateurs", écrit Cipla dans sa plainte.
La compagnie affirme que les implications économiques découlant de la structure de ces prix placent les Etats dans l'incapacité de fournir cette thérapie par le biais du système de santé.
La plainte énumère les tarifs pratiqués pour ces médicaments jusqu'à récemment, montrant que les prix auxquels ils étaient vendus pouvaient être plus abordables par l'intermédiaire de Cipla.
Le 3TC, dosé à 150 mg et conditionné par boîte de 60 comprimés, aurait du coûter 12.
000 rands (1.
291 dollars) alors que Cipla aurait fourni le même médicament à 195.
46 rands.
Toutefois, d'après des sources du secteur, les prix pratiqués seraient largement supérieurs aux offres de Cipla.
D'autre part, un rapport controversé du Conseil pour la recherche médical (MRC) sur les causes des décès dans le pays, a affirmé que le SIDA est devenu le facteur majeur de décès en Afrique du Sud, représentant 40 pour cent des décès de l'année dernière en ce qui concerne le groupe d'âge des 15-49 ans.
Mais s'exprimant après le sommet de l'ANC sur la santé, tenu ce week-end, le ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, a rejeté le rapport de MRC, arguant qu'il est incomplet et ne peut donc pas faire autorité.

08 octobre 2001 19:48:00




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