Les médias mauritaniens à l'école du traitement des sujets relatifs aux droits de l'homme

Nouakchott, Mauritanie (PANA) - Nouakchott a abrité ce jeudi, un atelier de formation des professionnels des médias au traitement des sujets liés aux droits humains.

Cette formation a été organisée par l’ONG «Search For Common Ground» à travers son antenne marocaine, avec la participation d’une trentaine de journalistes.

Elle s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet de «Renforcement des capacités de la société civile mauritanienne et de la presse à assister les groupes marginalisés.

«Search For Common Groud» est une ONG internationale spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits, créée en 1982, opérant actuellement dans 30 pays, qui a ouvert un bureau au Maroc en 2001.

La journée a été animée par Abdoulaye Ciré Bâ, journaliste à la retraite, jouissant d’une expérience de plus 40 ans d’exercice de la profession.

Les débats ont porté sur le traitement de la question de l’esclavage et les droits individuels et collectifs des populations anciennement déportées vers le Sénégal (après les troubles inter-ethniques d’avril 1989), qui ont fait plusieurs centaines de victimes de part et d’autre du fleuve (servant de frontière entre la Mauritanie et le Sénégal).

Cette formation se fixe pour objectifs de «susciter un dialogue sur la façon de réaliser une couverture médiatique consensuelle des questions liées au traitement des populations marginalisées, y compris les compétences sur la façon de produire un contenu équitable et équilibré, orienté vers la recherche de solutions visant à réduire les stéréotypes et à proposer des solutions constructives», explique un document distribué dans le cadre de l’atelier.

M. Bâ définit l’esclavage comme «un système social fondé sur la possession et l’exploitation par un groupe dominant d’une classe, renouvelée par acquisition/reproduction». Au sens premier de cette définition, sans à priori, le phénomène serait aujourd’hui «marginal, ce qui cependant, n’enlève rien à sa gravité».

Il a par la suite, abordé «les relations troubles et complexes» des Mauritaniens avec un phénomène qui a été aboli plusieurs fois (1905,1961, 1980 et une ordonnance de 1981 et 2007-criminalisation de la pratique).

Parlant des droits individuels et collectifs des rapatriés du Sénégal qui se chiffrent à environ 25.000 individus relogés dans 5 régions, M. Bâ a soulevé les problèmes non résolus liés à l’accès à la terre, l’état, l’éducation, l’accès aux infrastructures sanitaires….

Il a, à cette occasion, loué le discours de l’ancien président mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah (renversé par le putsch du 06 août 2008) qui a reconnu officiellement les torts causés à ces populations, ce qui marque une rupture avec le déni historique officiel et prouve que les Mauritaniens ont les moyens de vivre ensemble dès lors qu’ils sont animés par cette volonté.
-0- PANA SAS/IS SOC 25août2016    
        

    
      

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25 août 2016 17:11:47




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