Les masses rurales zambiennes préparent la Conférence de Durban

Lusaka- Zambie (PANA) -- Le débat est lancé dans le monde rural zambien sur les questions pertinentes à présenter lors de la Conférence mondiale sur le racisme, prévue du 31 août au 7 septembre prochains à Durban, en Afrique du Sud.
La mobilisation pour une position commune basée sur des témoignages et des opinions à la base est menée par la Commission nationale des droits de l'Homme, un observatoire quasi-gouvernemental contre l'intolérance raciale et pour la promotion des droits de l'individu.
Love Mulimba, porte-parole de la commission, a déclaré qu'outre les réunions dans la prospère région du Copperbelt, une série de rencontres se tiendront également dans quelques provinces zambiennes avant les assises de Durban.
Outre les conclusions préliminaires, il est avéré qu'il subsiste encore des poches de racisme en Zambie, ce qui est contraire à la Constitution du pays, a-t-il déclaré, notant que la discrimination provient pour une grande part des zones où sont concentrés des investisseurs sud-africains, notamment dans l'industrie minière du cuivre et du cobalt.
C'est pour cette raison que la première des séries de conférences destinées à préparer une position commune à la Conférence mondiale sur le racisme s'est tenue dans le centre administratif de la ville minière de Ndola.
Dans un document intitulé "Discrimination raciale et conditions de travail : l'expérience zambienne", l'ancien secrétaire du gouvernement, Sketchley Sacika, conseille à l'Etat de ne pas renoncer à ses pouvoirs dans les cas où les droits des Zambiens indigènes sont violés par des investisseurs.
Sacika, qui a surtout servi pendant le mandat du premier président de la Zambie (Kenneth Kaunda) avant que l'actuel chef de l'Etat, M.
Frederick Chiluba, ne le mette à la retraite, a fait observer que de grandes disparités dans les emplois, si elles ne sont pas corrigées, peuvent créer un sentiment de xénophobie chez les populations locales envers les travailleurs étrangers.
William Forest, un avocat fort respecté de Forest Price and Company, a exprimé sa préoccupation quant aux différences de salaires existant entre les travailleurs locaux et les expatriés et insisté sur la nécessité de rectifier cet état de fait pour ne pas favoriser une haine larvée contre les étrangers.
Au cours du même forum, la présidente de la Commission, la juge Lombe Chibesakunda, a proposé que la commission soit mandatée à former sa propre cour indépendante pour traiter des questions relatives à la discrimination et à l'intolérance raciales.
Chibesakunda a insisté sur la nécessité de "criminaliser" le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie afin que l'on puisse poursuivre ceux qui ont violé pendant longtemps les droits des autres sur une base purement raciale.
Elle a ajouté qu'il fallait établir des normes internationales incluant les valeurs africaines relatives aux individus, qui apprennent à considérer les autres comme des êtres humains, quelle que soit la couleur de leur peau.
"Il ne fait pas de doute que le racisme existe dans notre pays.
C'est la première d'une série de conférences pour préparer la contribution de la délégation gouvernementale à Durban", a déclaré Mulimba à la fin de la réunion de Ndola.
Connu officiellement sous le titre de "Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée", l'événement se ttient sous l'égide de l'ONU à travers son Haut-Commissariat pour les droits de l'homme.

16 août 2001 17:25:00




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