Les leaders d'opinion considèrent la ZLECA comme un second souffle pour l'Afrique

Kigali, Rwanda (PANA) - Dans leur audacieuse poursuite de l'intégration continentale, les chefs d'Etat et de gouvernement africains vont converger mercredi vers la capitale rwandaise, Kigali, pour lancer la zone de libre-échange continentale comme nouvelle stratégie pour l'accélération du développement de leurs nations à travers le commerce.

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), dont les négociations ont été lancées en 2015, est largement considérée comme un moteur essentiel de la croissance économique, de l'industrialisation et du développement durable en Afrique ", ont déclaré deux principaux décideurs africains dans un commentaire conjoint publié mardi à Kigali.

Selon Sindiso Ngwenya, Secrétaire général du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA) et Dr Richard Sezibera, Sénateur rwandais et ancien Secrétaire général de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), "la ZLECA sera un second souffle pour l'Afrique et ses habitants ".

Constatant que le commerce intra-africain représente actuellement 15% du commerce total du continent, contre 19% en Amérique latine, 51% en Asie, 54% en Amérique du Nord et 70% en Europe, le bloc commercial continental "apportera un impact économique considérable aux Africains et au continent en général.

La création d'un marché continental unique pour les biens et services, avec la libre circulation des hommes d'affaires et des investissements, aidera à rapprocher l'union douanière continentale et le marché commun africain, envisagés dans la Communauté économique africaine (CEA) proposée.

Selon Ngwenya et Sezibera, le faible niveau actuel du commerce intra-africain peut changer si l'Afrique aborde efficacement les contraintes de l'offre et les faibles capacités productives, les goulets d'étranglement infrastructurels, les réseaux d'information commerciale, l'accès au financement pour les commerçants et autres opérateurs économiques, la facilitation des échanges et le commerce dans les services, ainsi que la libre circulation des personnes pour le commerce transfrontalier.

Selon eux, une zone de libre échange contribuera à transformer les 55 économies africaines individuelles en un grand marché plus cohérent. Utiliser les complémentarités et exploiter collectivement le riche réservoir de terres et de richesses naturelles de l'Afrique, créer des espaces économiques internes plus grands et plus viables permettront aux marchés africains de travailler plus efficacement. Sous l'égide de l'Union africaine, les dirigeants africains visent à établir la CEA comme la dernière des six étapes successives qui impliquent le renforcement de la coopération sectorielle et la mise en place d'une union douanière continentale, d'un marché commun et d'une union monétaire et économique.

Le marché unique contribuera également à développer le commerce intra-africain grâce à une meilleure harmonisation et une coordination des régimes de libéralisation et de facilitation du commerce entre les communautés économiques régionales (CER).

"Cela aidera à résoudre les défis des adhésions multiples et qui se chevauchent et à combler le fossé entre les CER contiguës, ouvrant ainsi le potentiel commercial inter-CER à travers le continent", ont déclaré Ngwenya et Sezibera dans leur document conjoint.

"L'élimination des droits de douane aidera les pays africains à stimuler la croissance économique, à transformer leurs économies et à atteindre les ODD. En outre, l'impact positif de la ZLECA devrait être encore plus important si les mesures non tarifaires sont prises en compte, si le commerce informel est intégré dans les circuits officiels et si l'accord inclut aussi le commerce des services".

Malgré les opportunités, ils ont souligné qu'il y a des défis à relever. "Les craintes d'importantes pertes de recettes douanières et une répartition inégale des coûts et des bénéfices sont parmi les principaux obstacles à l'intégration du continent", ont-ils déclaré.

Les pays dotés d'importantes capacités productives dans le secteur manufacturier peuvent connaître une croissance économique et des gains de bien-être importants, tandis que les petites économies et les pays les moins avancés (PMA) risquent d'être confrontés à d'importantes pertes de recettes fiscales et de menaces pour les industries locales.

Pour faire face à ces défis potentiels, Ngwenya et Sezibera ont suggéré que les Etats membres de l'UA doivent envisager différentes modalités de réduction tarifaire et d'autres mécanismes d'atténuation. A long terme, la libéralisation des échanges dans le cadre de la ZLECA réduira les coûts commerciaux et permettra aux consommateurs d'accéder à une plus grande variété de produits à des prix plus bas.

La consolidation du marché peut survenir lorsque les petites entreprises sont exposées à une concurrence accrue. Si la plupart des avantages potentiels de la libéralisation des échanges se concrétisent à long terme, le changement structurel à court terme par la délocalisation de la main-d'œuvre, du capital et d'autres facteurs de production, entraîne des coûts d'ajustement.

La ZLECA est une étape cruciale vers l'intégration des économies des pays africains, la stimulation du commerce intra-africain et la réalisation d'un développement durable sur le continent, en accord avec l'Agenda 2063 de l'Union africaine et les objectifs mondiaux de développement durable.

La libéralisation du commerce des biens et des services peut entraîner des coûts d'ajustement pour les Etats membres de l'Union africaine, qui sont toutefois généralement compensés par des gains à long terme nettement plus élevés.

"La ZLECA fournira un nouveau cadre institutionnel unique pour engager le reste du monde et avec un secrétariat autonome, il peut y avoir une facilité dans laquelle les Etats membres de l'Union africaine investissent le mandat de parler d'une seule voix pour avancer des positions convenues.

"Alors que l'Afrique se prépare pour l'après-Cotonou avec l'Union européenne et l'ère post-AGOA avec les Etats-Unis, en 2020 et 2025 respectivement, il est prioritaire que l'Afrique ait une position commune, mais avance aussi vigoureusement sous un cadre institutionnel cohérent fourni par la ZLECA ", ont-ils ajouté.
-0- PANA AR/MA/MTA/BEH/SOC 20mars2018

20 mars 2018 17:58:49




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