Les leaders africains appelés à prêter attention sur la santé de la femme (IPPF-Afrique)

Nairobi, Kenya (PANA) - La direction régionale Afrique de la Fédération internationale de la Planification familiale (IPPF - Région Afrique) a attiré l'attention des leaders africains sur l'importance de la bonne santé des femmes, lors de la Journée d’action internationale pour la santé des femmes, célébrée par le monde entier, le 28 mai, de chaque année.

"Les gouvernements doivent reconnaître et accorder la priorité à la maternité et les grossesses sans risques; ils ont le devoir d'éliminer tous les obstacles, y compris l'inégalité entre les sexes, qui nient ce droit aux femmes", a affirmé, dans un communiqué rendu public, ce jeudi, le directeur de l'IPPF-Afrique, Lucien Kouakou, pour qui "le lien entre la santé sexuelle et reproductive et l'autonomisation des femmes ne peut être niée, les femmes étant au cœur du développement de toute société".

Il faut rappeler que de nombreuses femmes, au prix de leurs vies, subissent les conséquences extrêmes découlant d'une conception étriquée de la santé de la femme et du déni d’accès aux services de santé sexuelle et de la reproduction.

Quoique en nette régression entre 1990 et 2014, les chiffres demeurent préoccupants en ce qui concerne les taux de mortalité maternelle et infantile.

Ainsi l'Afrique sub-saharienne affiche toujours le taux le plus élevé au monde en mortalité infanto-juvénile, avec 92 décès pour 1.000 naissances vivantes, soit près de 15 fois plus que la moyenne des pays à revenus élevés, tandis que plus de la moitié (270.000 décès) des décès maternels dans les pays en développement ont été enregistrés dans cette partie de l'Afrique.

Les grossesses non désirées chez les jeunes filles scolarisées se traduisent par un taux élevé d'abandon scolaire, qui alimente le cercle vicieux de la pauvreté des jeunes, tandis que les inégalités liées au Genre perpétuent les pratiques néfastes telles que les Mutilations génitales féminines, les mariages précoces et les violences sexuelles basées sur le Genre.

Les Mutilations génitales féminines accroissent de façon significative les risques de complications lors de l'accouchement et peuvent conduire à la mort de l'enfant.

Quant à la prévalence contraceptive, elle reste la plus faible en Afrique sub-saharienne où les femmes et les filles restent les plus touchées par la pandémie du VIH-Sida et dont la  particularité réside dans la disparité entre les pays et les régions d'Afrique au sud du Sahara, avec des variations allant du simple au septuple.

Une étude sur «la Pratique contraceptive en Afrique sub-saharienne: Niveaux, tendances et déterminants» éclate l'Afrique au sud du Sahara en quatre groupes de pays: ceux dont la prévalence contraceptive moderne actuelle est supérieure à 30% des femmes en union (Botswana-31,7%, Zimbabwe-36,1%) ; les pays dont le taux de prévalence est compris entre 12 et 20% (Kenya-17,9%) ; les pays dont les taux sont proches de 5% (Ghana-5,2%, Liberia-5,5%, Soudan-5%, Cameroun-4,2%) ; enfin les pays où la prévalence contraceptive moderne actuelle est proche ou inférieure à 3% (Sénégal-2,4%, Togo-3,1%,, Burundi-1,2%).

"L'Agenda post-2015 doit répondre de façon intégrale aux besoins des femmes et des filles en matière de droits liés à leur Santé sexuelle et reproductive», poursuit M. Kouakou, qui promet qu'en tant que Fédération, «nous continuons de préconiser un objectif à part entière sur le Genre dans l'Agenda de développement post-2015 et l'accès universel à la santé sexuelle et reproductive».

Saluant la décision de l'Union africaine pour son initiative «Promotion féminine et du développement de l'Afrique» dans son Agenda 2063, M. Kouakou a relevé combien il est important de mettre en avant cette problématique à un moment où s’élabore le nouveau cadre international du développement.

Aussi s'engage-t-il à «veiller» à ce qu'aucune femme ne meurt d'avortement, à ce qu’aucune femme ne meurt en donnant la vie et que toutes les femmes et les jeunes filles aient accès à des services de Santé sexuelle et reproductive".

«Nous savons ce qu’il faut faire et nous savons comment le faire», avouait récemment la sous-directrice générale de l’OMS, le Dr Flavia Bustreo, dans un communiqué conjoint UNICEF, OMS et Groupe de la Banque mondiale.

Seulement, la difficulté à présent, selon elle, consiste à «passer de la théorie à la pratique», à l'instar «des  pays, comme l’Inde, qui commencent à donner l’exemple», se félicitait-elle.
-0- PANA SSB/IS/IBA 28mai2015

28 mai 2015 16:24:23




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