Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- L'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI) a dressé le week-end dernier à Abidjan, à l'occasion de la 12è Journée mondiale de la liberté de la presse, un "bilan sombre" du monde des médias du pays, indique un communiqué de l'organisation publié lundi.
Le communiqué souligne que depuis le début de la crise politico- insurrectionnelle le 19 septembre 2002, le ciel de la liberté de la presse s'est à nouveau assombri dans le pays.
"Un lourd rideau de fer coupant le pays en deux nous oblige à nous passer de notre liberté de circuler pour la quête d'information sur une bonne moitié du territoire national", affirme le texte signé du porte-parole de l'UNJCI, César Etou.
"Au-delà de ce rideau de fer, ne sont captés que des médias audiovisuels pirates ou rebelles et ne sont lus que des journaux du même genre.
Tandis que les médias qui concourent à alimenter le débat démocratique dans la moitié du pays, voient leur lectorat diminuer au même rythme que les entreprises de presse entraînant ainsi la mise au chômage des journalistes", ajoute-t-il.
Le communiqué fait également remarquer qu'en zone gouvernementale, les journalistes ont été depuis le début de la crise ivoirienne, les premières victimes de l'état d'insécurité parfaite qu'instaure la guerre.
"Des journalistes ont essuyé des menaces et des agressions physiques.
D'autres ont échappé à des enlèvements.
Des centres émetteurs ont été sabotés, des rédactions saccagées.
En zone rebelle, le traitement réservé aux journalistes par ceux qui prônent la liberté et la justice à coups de canon n'est guère plus reluisant", relève l'UNJCI.
Elle cite le cas d'un journaliste tué vers Toulépleu (550 km à l'ouest d'Abidjan) par les supplétifs libériens des forces gouvernementales, dans l'exercice de son métier.
Le président de l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED), Alfred Dan Moussa, a, pour sa part, souligné que la réconciliation des médias avec la société ivoirienne passe aussi par le vote du projet de loi -actuellement sur la table des députés- qui consacrerait, entre autres points, la "dépénalisation des délits de presse".
Le thème choisi cette année par l'UNJCI et l'OLPED pour la Journée mondiale de la liberté de la presse est "Médias et Réconciliation nationale".