Les journalistes africaines invitées à s’engager pour l’égalité de Genre sur le continent

Rabat, Maroc (PANA) - Le président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) du Maroc, M. Nizar Baraka, a invité les femmes journalistes d’Afrique à s’engager pour l’égalité de Genre sur le continent, dans le cadre du premier forum « Les panafricaines » qui s’est tenu cette semaine dans son pays.

Recevant à son siège la centaine de journalistes en provenance de 27 pays du continent, M. Nizar Baraca a déploré les défis majeurs qui subsistent encore en matière d’égalité de Genre dans son pays et a invité les femmes journalistes à œuvrer pour l’avènement d’une société africaine où hommes et femmes ont les mêmes droits.  

« Nous pensons que vous, les journalistes panafricaines, devez jouer un rôle essentiel pour relever ce défi sans lequel aucun développement n’est permis pour aucun pays du continent (...) . Notre continent partage un certain nombre d’atouts et de défis. Et surtout en ce qui concerne les femmes, deux problématiques s’imposent: l’égalité et l’autonomisation. Ces défis constituent de véritables problèmes auxquels l’Afrique doit faire face. Mais, malheureusement, nombre de femmes de notre continent continuent de subir des conditions de forte précarité et d’inégalitéS. Inégalité en termes de revenus, sous activités, chômage, problématique de promotion sociale », a-t-il déclaré.

Parlant de son pays, M Nizar Baraka a indiqué qu’aujourd’hui, une femme a sept fois moins de chance de vivre mieux que son frère homme, du fait de la vulnérabilité sur le plan de la santé, de l’exposition aux violences domestiques et dans l’espace public, le harcèlement, les difficultés d’accès à la justice et au droit et les discriminations de toutes sortes.

« Tous ces problèmes sont des défis majeurs auxquels on doit faire face pour accéder à un développement durable et pour renforcer la cohésion sociale », a-t-il souligné. « Nous avons 50% de femmes et nous avons besoin des deux composantes de la société pour connaître un  développement rapide », a-t-il poursuivi, indiquant que le Cese, créé en février 2011 et fort de 105 membres représentant toutes les composantes de la société, s’y atèle.

Faisant le point des efforts réalisés par son pays dans le domaine, il a expliqué que l’égalité entre homme et femme est prise en compte dans la nouvelle Constitution du Maroc à son article 19. Ce qui a constitué un pas de plus dans les réformes engagées. La réforme du code de la famille a également consacré cette égalité et donné la responsabilité partagée au niveau du couple. Le changement du code de la nationalité est aussi une avancée dans le domaine, de même que la discrimination positive vis-à-vis des femmes au niveau politique avec le quota à travers la liste nationale.

Il s'est réjoui de quelques avancées des réformes politiques, puisque de deux femmes au Parlement dans les années 90, le Maroc y compte aujourd’hui 77 femmes. Au niveau communal, le taux de femmes élues est passé de 0,5 % femmes à plus de 25% et plus du tiers des élus au niveau régional sont des femmes.

« Nous avons une révolution au niveau de la représentation politique qui permet aux femmes d’être suffisamment présentes au sein des institutions et il y a eu aussi la libération et la possibilité d’accéder aux postes de responsabilité dans les différents domaines et des corps de métiers qui étaient réservés aux hommes ont été ouverts aux femmes. Avec la réforme au plan religieux permettant aux femmes de jouer un rôle important, il y a plus de chances réservées aux femmes», a-t-il fait savoir.

Il a relevé que sur le plan économique, le Maroc a engagé plusieurs réformes dont celui du foncier donnant aux femmes le droit d’accès à l’usufruit. La création d’un fonds de garantie pour les femmes leur permettant d’accéder aux crédits pour être chef d’entreprise et l’accès aux activités génératrices de revenus par le biais des coopératives, participent de ces réformes.

Au plan social, il a été créé un fonds pour appuyer les femmes divorcées que les maris refusent de prendre en charge et un autre pour appuyer les veuves démunies qui doivent subvenir aux besoins de leurs enfants en fonction du nombre d’enfants qu’elles ont, a-t-il dit.

Malgré ces avancés notoires, des problèmes subsistent. Il s’agit notamment de l’abandon scolaire au niveau du collège pour les jeunes filles rurales, la baisse importante de la population active féminine, le mariage des mineurs, l’accès à l’emploi, le fort taux de chômage qui dépasse les 21% chez les femmes, la discrimination des salaires surtout au niveau du privé, a-t-il déploré.

Pour faire prospérer les réformes, le Maroc a mis en place une charte sociale pour le respect de l’ensemble des droits afin de garantir l’égalité entre hommes et femmes. « L’égalité entre l’homme et la femme est indispensable puisqu’on ne peut se développer sans marcher avec les deux pieds », a-t-il conclu.

Dénommé « Les Panafricaines », le premier forum des femmes journalistes d’Afrique, initié par le groupe de presse « Radio  2M », leader de la presse marocaine et le Comité Parité et Diversité culturels et leaders spirituels, s’inscrit dans la double célébration du 28ème anniversaire de création de ladite radio et la commémoration de la Journée internationale des femmes.

« Les Panafricaines » se veut l’occasion pour les femmes journalistes d’échanger entre elles  des réalités de leurs environnements, de leurs expériences et des problématiques auxquels elles font face dans leurs différents pays, selon Fathia Elaouni, rédactrice en chef de « Radio 2M ».
-0- PANA IT/BEH/IBA 12mars2017

12 mars 2017 09:27:54




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