Les industriels du Nigeria soutiennent le gouvernement fédéral pour la non signature de l'accord ZLECA

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Manufacturers Association of Nigeria (MAN) a apporté son soutien ferme au gouvernement fédéral pour son refus de signer l'accord portant sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), actuellement à l'ordre ddu jour d'un Sommet extraordinaire de l'Union africaine à KIgali, au Rwanda.

Selon le communiqué de cette association d'industriels, sa position du rejet de la ZLECA s'explique par le fait que sa mise en œuvre par le Nigeria va conduire à un chômage exponentiel, parce que plusieurs entreprises industrielles vont subir une faillite rapide.

Le président de MAN, Dr. Frank Jacobs, a déclaré que son organisation n'apportera son adhésion à l'adoption et à la ratification de la ZLECA par le gouvernement fédéral que lorsque les questions d'accès au marché et d'application des règles de provenance seront résolues.

Le président Jacobs a relevé que la question de l'accès au marché, qui n'autorise que la protection de 10 pour cent de produits, de même que la réglementation gouvernementale sur la provenance des produits nécessitaient d'être clairement définies avant que les producteurs locaux ne soutiennent l'accord ZLECA.

Il a ajouté que la MAN était consciente des avantages d'un tel accord qui va booster le commerce intra-africain et stimuler la croissance économique et le développement durable, mais elle privilégie l'intérêt national, qui doit être pris compte dans la décision de sa signature.

MAN a précisé que la levée de boucliers du secteur privé contre la ZLECA était la résultante du manque de concertation et de prise en compte des observations des parties prenantes-clé avant la présentation de la position du Nigeria, lors des discussions du Groupe technique de travail de l'Union africaine (UA) sur la ZLECA.

Ainsi, MAN a exhorté le gouvernement fédéral à mettre en place un processus de consultation de toutes les parties prenantes de la chaîne de valeur du commerce international au Nigeria, pour un examen rapide du texte de l'accord ZLECA, de sorte à faire des observations sur les dispositions qui ne sont pas à l'avantage des différents secteurs de l'économie nigériane.

"Le gouvernement devrait de toute urgence, convoquer une réunion spéciale de tous les acteurs importants, y compris des experts en politique commerciale pour réfléchir sur les taux tarifaires douaniers selon la grille de leur profitabilité et les préférences sectorielle et sous-sectorielle qui seraient plus bénéfiques aux entreprises nigérianes dans le cadre des exemptions de la ZLECA, de même ils devraient réexaminer la position nationale sur les APE (Accords de partenariat économique), comparativement à la ZLECA, en particulier, les tarifs douaniers des produits sur la liste d'exclusion pour s'assurer que les APE ne sont pas réintroduits par la porte arrière de la ZLECA", a proposé le président Jacobs.

L'accord de ZLECA, paraphé mercredi à Kigali, au Rwanda, lors d'un Sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, vise à créer un marché commun de 1,2 milliard de consommateurs et à générer un Produit intérieur brut cumulé de plus de deux milliards de dollars.

Il prévoit la suppression des tarifs douaniers par les États parties sur 90 pour cent de produits et la libéralisation des échanges commerciaux.
-0- PANA BAL/JSG/IBA 22mar2018

22 mars 2018 10:46:41




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