Les immigrés clandestins largement exposés

Alger- Algérie (PANA) -- Tamanrasset, une préfecture aux confins du sud algérien, compte quelques 47.
000 immigrés d'une trentaine de nationalités qui se côtoient et partagent le rêve de pouvoir ramasser assez d'argent pour continuer leur voyage vers l'Europe.
Cette région algérienne, dont la superficie dépasse celle du territoire français, est le carrefour de tous les immigrés clandestins dont la plupart, du fait de leur situation irrégulière, vivent dans des conditions de précarité infra- humaine.
A Tamanrasset, des ghettos ont été édifiés par ces clandestins où vivent au minimum une vingtaine de personnes par taudis.
Dans les localités de Sersou, Gatâa El-oued, Aoukouf ou Tahaggart, des milliers d'immigrés clandestins vivent dans le dénuement le plus total et dans des conditions d'hygiène lamentables.
Si les premiers cas de SIDA détectés en Algérie concernaient des jeunes ayant séjourné à l'étranger, la majorité des cas est concentrée dans la préfecture de Tamanrasset.
L'Algérie compte officiellement 5.
000 personnes atteintes du SIDA dont le nombre peut paraître dérisoire devant les chiffres réels qui sont nettement supérieurs, selon d'autres sources.
Dans un pays où les frontières terrestres s'étendent sur 7.
000 kilomètres, dont plus de la moitié dans le Sud, il est quasi impossible de contrôler les entrées des immigrés clandestins.
Les autorités locales se contentent de reconduire aux frontières les clandestins au cours d'opérations fort coûteuses et rarement bénéfiques.
De 1992 à 2001, plus de 8.
000 personnes ont été reconduites aux frontières.
Au premier semestre de l'année dernière, 655 personnes ont été expulsées, mais rien ne semble arrêter le flux migratoire et rien n'a été fait pour assurer le minimum de conditions aux immigrés.
Beaucoup d'entre eux arrivent très malades en raison des longs trajets effectués et de leurs conditions de voyage.
Certains s'adonnent à la prostitution pour pouvoir subvenir à leurs besoins et d'autres attrapent des maladies infectieuses dans des ghettos dépourvus du minimum vital.
Les services sanitaires de Tamanrasset sont pris au dépourvu.
La totalité des cas de séropositivité ont été découverts fortuitement.
Jamais un malade ne s'est présenté de lui-même pour demander un dépistage, indique-t-on.
Le plus dur c'est que les clandestins, craignant d'être repérés et donc expulsés, restent terrés dans leurs taudis ou se font exploiter par des entrepreneurs véreux qui profitent de leur précarité.
Les autorités locales tentent de faire face à la propagation de l'épidémie du SIDA en s'attaquant aux nombreux réseaux de prostitution qui pullulent dans les ghettos de Tamanrasset.
Rien que pour le mois d'août dernier, 64 personnes ont été présentées devant le juge, dont 52 femmes.
36 d'entre elles ont été reconduites aux frontières.
On ignore par contre les autres malades et séropositifs qui circulent dans les ghettos de Tamanrasset, s'adonnent au plus vieux métier du monde et sont inconnus au fichier sanitaire.
Les autorités locales sont incapables de déterminer, même approximativement, le nombre de clandestins vivant dans les ghettos de Tamanrasset.
Pour des raisons religieuses et culturelles, l'Algérie a été relativement épargnée par cette épidémie, estiment certains experts qui signalent également que la consommation de la drogue se concentre principalement sur le cannabis.
De même, les homosexuels adoptent un profil bas et sont très mal vus dans une société qui reste très conservatrice.
Le ministère de la Population, qui a installé des services de maladies infectieuses dans les grands centres hospitaliers, a créé récemment un observatoire du virus VIH à Tamanrasset, dont l'objectif est de faire une étude plus approfondie et plus exacte sur l'étendue de l'épidémie dans la capitale du Hoggar.

30 septembre 2001 13:16:00




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