Les hommes politiques somaliens à Nairobi pour des pourparlers

Les hommes politiques somaliens à Nairobi pour des pourparlers

Nairobi- Kenya (PANA) -- Les politiciens somaliens convergent vers Nairobi pour des pourparlers de paix cruciaux, dont le démarrage est prévu ce mercredi et que les observateurs de la capitale kenyane considèrent comme une tentative de dernière chance pour sauver le pays d'une possible intervention américaine.
Cette action des Etats-Unis serait motivée par les liens supposés que la Somalie entretiendrait avec le réseau terroriste al Qaeda, créé par la fondamentaliste saoudien, Oussama ben Laden.
Les délégués représentant les 17 factions belligérantes qui composent le Conseil somalien de réconciliation et de restauration (SRRC), ainsi que ceux du Gouvernement national de transition (TNG) moribond, dirigés par Mowlid Mohammed et le Premier ministre Hassan Ashir Farah, respectivement, doivent prendre part aux pourparlers.
"Nous devons nous asseoir ensemble, pour trouver un accord", a déclaré le secrétaire à l'Information du SRRC, Mohammed Dirie Elmi, dans l'entretien qu'il a accordé lundi 17 décembre à la PANA à Nairobi.
Il a aussi affirmé qu'il était devenu nécessaire, pour tous les leaders somaliens, de s'y mettre pour sauver leur pays du chaos et du désordre qui lui ont déjà valu la mauvaise réputation qu'il traîne, au plan international, depuis l'éclatement des luttes entre factions, après la destitution du gouvernement du président Siad Barre, en 1992.
M.
Barre était parti en exil au Nigeria, où il devait ensuite mourir.
"Vous pouvez vous attendre à tout dans un pays où règne l'anarchie.
C'est pourquoi, la présente réunion doit arriver à un accord sur la façon dont nous devons nous gérer pour éviter tous ces problèmes", a affirmé M.
Elmi.
Il faisait ainsi référence aux rumeurs de plus en plus persistantes, selon lesquelles le gouvernement américain pourrait entreprendre une action militaire contre la Somalie, qu'elle accuse d'entretenir des liens avec le groupe de ben Laden, le présumé organisateur des attentats terroristes qui ont ensanglanté les villes de New York et Washington, le 11 Septembre dernier.
Cependant, le responsable du SRRC a noté que les allégations selon lesquelles son pays servirait de refuge pour les réseaux terroristes sont, pour le moment, sans aucun fondement.
Il a néanmoins ajouté qu'un tel scénario n'est pas impossible si l'anarchie continue de régner.
Le Premier ministre Farah, arrivé plus tôt dans la capitale kenyane pour prendre part aux pourparlers, a aussi rejeté les allégations qui font état de l'existence de liens entre le gouvernement de Transition de Mogadiscio et les terroristes.
Le président Abdiqassim Salad Hassan, dont le gouvernement est reconnu par l'ONU et l'OUA, même s'il ne contrôle que quelques zones de Mogadiscio, la capitale, et quelques poches du territoire national, est également attendu à Nairobi.
Il a déjà invité les Etats-Unis à visiter le pays, afin de vérifier le bien-fondé des allégations faites contre la Somalie en raison de ses prétendus liens avec ben Laden.
La réunion, organisée sous l'égide du médiateur, le président Daniel Arap Moi, va se pencher sur la mise en oeuvre des décisions qui avaient été prises à l'issue d'une réunion similaire, qui s'était tenue à Nairobi, le 4 novembre, rencontre qui avait été boycottée par les principaux seigneurs de la guerre, comme Husein Aidid et Sudi Yalhow.
Ces décisions portent, en particulier, sur l'évaluation de la législation, le partage du pouvoir sur la base des clans qui constituent le pays et le désarmement.
Seront également examinées, les questions de la renonciation à la violence en tant que moyen de règlement des différends politiques et la coopération avec la communauté internationale en vue de l'éradication de toutes les formes de terrorisme.
La réunion va garantir l'engagement de tous les seigneurs de la guerre somaliens en faveur des principes internationaux de la coexistence pacifique, des relations de bon voisinage et du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des pays de la région.
Les modalités de règlement des conflits au sujet de la terre, la propriété privée et publique et d'autres questions cruciales trouveront également une solution définitive dans le cadre de la réunion.
Au cours de la rencontre du mois de novembre, M.
Moi avait déclaré qu'environ 350.
000 Somaliens, sur une population de 7 millions d'habitants, étaient des personnes déplacées dans leur propre pays, tandis que plus de 400.
000 réfugiés et demandeurs d'asile vivent dans les pays voisins, notamment au Kenya, pays qui accueille à peu près 140.
000 Somaliens.
Le chef d'Etat kenyan avait fait observer avec tristesse, que la guerre qui déchire la Somalie depuis 10 ans a détruit les infrastructures, l'économie, bref provoqué la désintégration du pays tout entier.
Le conflit interne somalien a transformé le pays en centre international de la criminalité, soumis au règne des seigneurs de la drogue, des extrémistes religieux et des fugitifs de tous les coins du monde.
Il a averti que les Somaliens avaient transformé leur pays en Etat voyou qui risquait de provoquer une réaction internationale.
La menace d'une intervention militaire américaine est l'une des formes que cette réaction pourrait revêtir, ce qui rend la recherche de la paix dans la Corne de l'Afrique encore plus cruciale pour mettre un terme au bain de sang que le pays connaît depuis dix longues années.

18 décembre 2001 22:25:00




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